n°1208
mars 2009
Santé
Traitement
Des douleurs mais pas de cause
Syndrome complexe et encore méconnu, la fibromyalgie souffre d’une prise en charge hétérogène. Explications.
Des douleurs diffuses, une fatigue – souvent intense – et des troubles du sommeil, mais aucune anomalie biologique, ni aucun signe physique articulaire, musculaire ou neurologique, le tout dans un contexte constant d’anxiété et de dépression... Ce tableau complexe de la fibromyalgie a longtemps dérouté. D’autant que cette symptomatologie sans signe « objectif » reste aujourd’hui encore sans explication physiopathologique.
Syndrome ou maladie ?
L’évolution est marquée par la chronicité de la triade douleur-fatigue-troubles du sommeil, associée à une détérioration de la qualité de vie, conduisant à une limitation des capacités fonctionnelles. Le syndrome n’est toujours pas reconnu comme une maladie en France alors qu’il figure dans la classification internationale des maladies de l’OMS et sur la liste des maladies rares1, d’où l’existence de disparités dans la prise en charge des patients. La reconnaissance de la gravité de la fibromyalgie est envisagée au cas par cas et peut aboutir à une prise en charge dans le cadre d’une ALD 31 (Affections de longue durée – Affections hors liste).
Pas de traitement spécifique
Le traitement actuel de la fibromyalgie fait appel à une prise en charge « individualisée et le plus souvent multidisciplinaire (rhumatologue, psychiatre, rééducateur...)»2, mais aucun traitement spécifique n’existe. De nombreuses pistes médicamenteuses ont été explorées. Les antalgiques sont peu efficaces, hormis le tradamol, associé ou non au paracétamol. Les antidépresseurs (amitryptiline, duloxétine ou milnacipran) sont souvent utilisés, avec une efficacité à des doses inférieures aux doses antidépressives. Les antiépileptiques comme la prégabaline peuvent aussi être bénéfiques. Par contre les AINS, les corticoïdes, les anxiolytiques, les hypnotiques et les myorelaxants sont sans effet.
Un espoir
Les recherches s’orientent désormais vers un dysfonctionnement de la gestion de la douleur par l’organisme. L’identification récente d’anomalies à l’imagerie cérébrale pourrait conforter cette hypothèse, avec l’espoir, à terme, d’une évolution du « statut » bancal de ce syndrome.
Nathalie Le Goff
1 www.orpha.net
2 Rapport de l’Académie nationale de médecine
BIENTÔT UN MÉDICAMENT AUTORISÉ
La FDA a approuvé en janvier 2009 l’antidépresseur milnacipran (IXEL) des laboratoires Pierre Fabre dans le traitement de la fibromyalgie. Un dossier d’enregistrement a été soumis à l’Agence européenne du médicament (EMEA) en juin dernier, avec l’objectif d’une AMM européenne en 2009. Ce serait ainsi le premier médicament autorisé dans cette indication en Europe.
Au cours de la fibromyalgie les douleurs surviennent essentiellement au niveau des zones d’insertion des tendons sur les muscles.