n°1218
Mars 2010
Actualité
POLEMIQUE
Une polémique pour rien
L’Uspo attaque, sans les nommer, certains acteurs de la répartition, qu’elle accuse de « dérapages », et appelle les pharmaciens à « gagner ce rapport de force ». « Pourquoi tant de haine? », répondent les grossistes.
Sale temps pour les grossistes. Après le coup de force du laboratoire Roche, qui se réserve le droit de faire distribuer ses produits aux répartiteurs qui remporteront son appel d’offres *, voilà que l’Uspo en rajoute une couche. Dans un communiqué de presse diffusé mi-février, accompagné d’un fax à l’ensemble des officines, le syndicat « demande à tous les pharmaciens d’officine de durcir le ton avec les fournisseurs qui ne se comportent plus en partenaires ». Pointant plusieurs dérapages qu’il impute aux grossistes, sans en nommer aucun, le président délégué de l’Uspo s’en prend à l’ensemble des acteurs de la répartition : « Les mêmes prônaient l’ouverture du capital et nous rassuraient sur leurs intentions, ils étaient prêts à acheter cash mille cinq cents pharmacies ! » Réaction attristée de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique, qui s’interroge dans un communiqué du 18 février : « Pourquoi tant de haine? Agressivité et dénigrement sont-ils bien à la hauteur des enjeux ? » La CSRP déclare ne pas comprendre « ni le sens ni l’intérêt de cette démarche » et dénonce « des réactions à la limite de l’invective ou des postures de circonstance sans communes mesures avec les enjeux qui se présentent aujourd’hui à la chaîne de distribution ».
« Réaction méprisante »
Pour François Martial, membre du bureau national de la FSPF et président de la chambre syndicale des pharmaciens de la Gironde, « le meilleur combat syndical ne se réalise pas à coups de tracts faxés nuitamment, mais par du travail, par l’étude des conditions législatives qui réglementent notre profession à l’instant et dans le futur ». Pointant le caractère « très minoritaire » des comportements décrits, il précise : « Dans notre département, nous ne devons pas oublier le nombre important d’officines qui sont en position économique critique et qui ne survivent que grâce à un partenariat étroit et sincère avec leur répartiteur […] ; l’ignorer relève d’une réaction […] méprisante pour nos confrères en difficulté. »
Laurent Gainza
Photo Miguel Medina
* Voir notre article « Roche prend le pouvoir », p. 11 et 12, Le Pharmacien, no 1217.