n°1218 Mars 2010
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Santé TABACOLOGIE Comment coacher les fumeurs
La prise en charge et le suivi du sevrage tabagique à l’officine s’acompagnent de conseils et de soutien pour maximiser les chances de réussite du patient.
Interdiction de fumer dans les lieux publics, passage en libre accès des substituts nicotiniques : pour les patients voulant ou devant arrêter de fumer, les opportunités de franchir le seuil de leur officine se multiplient. Encore fautil que le pharmacien amené à s’intéresser au tabagisme des patients (pathologies ou médicaments pour lesquels le tabac présente un risque, femme enceinte), fasse les choses dans l’ordre… En commençant par le « conseil minimal » à la première occasion. Cette approche préalable permet d’ouvrir le dialogue et le positionne d’emblée comme interlocuteur privilégié; il devra s’appuyer sur des documents * à remettre au patient pour « le sensibiliser aux méfaits du tabac donc aux bénéfices de l’arrêt », précise le professeur Claude Dreux, président du Cespharm.
Une rechute doit être discutée non pas comme un échec mais comme une étape vers l’arrêt. Le processus de réflexion peut être long, il faut lui laisser le temps tout en revenant régulièrement « à la charge », mais avec doigté ! En effet, la motivation du fumeur est le pilier de sa démarche ; elle doit être claire – il n’est pas vain de la faire préciser – et résolue : l’échec n’est pas envisageable ! La réflexion doit être alimentée en informant sur les différentes stratégies possibles pour un sevrage réussi : substituts nicotiniques, traitements pharmacologiques, hygiène de vie… Un entretien préalable sera toujours bénéfique pour définir le profil de fumeur – circonstances et motifs de consommation, ancienneté du tabagisme, quantité consommée, freins à l’arrêt… – et évaluer son niveau de dépendance par différents tests (voir « Les tests au banc d’essai », Le Pharmacien, no 1217, p. 36), dont les scores seront discutés pour trouver la solution de sevrage la plus adaptée.

Po-si-ti-vez !

Dans tous les cas, le patient a besoin d’être félicité pour sa décision. De nombreux conseils pratiques (cf. encadré ci-dessus) vont pouvoir l’aider… Mais attention : il faut les distiller avec parcimonie et à bon escient. Idéalement, le rythme de suivi du sevrage s’inspire des recommandations des tabacologues en fonction des besoins : une fois par semaine durant le premier mois, toutes les deux à trois semaines ensuite, en allant vers un espacement progressif, tout en maintenant sa vigilance environ un an pour éviter les rechutes tardives.
Interlocuteur privilégié, le pharmacien doit jouer son rôle dans la motivation à l’arrêt du fumeur.  Une fiche de suivi quotidien peut s’avérer une aide précieuse et un support pour le dialogue lors de visites régulières. Celles-ci sont l’occasion d’encourager le patient et de mettre en avant les effets positifs qu’il ressent, de souligner que ses efforts sont payants mais aussi de relativiser la prise éventuelle d’une cigarette : une rechute doit être discutée non pas comme un échec mais comme une étape vers l’arrêt. Une attitude positive, sans jugement et valorisante est essentielle pour aider le patient à persévérer. « Au final, la démarche à l’officine ressemble à de l’éducation thérapeutique », souligne Claude Dreux. Et avec un peu de persévérance, le pharmacien trouvera son rôle de « conseiller permanent du patient », selon l’expression du Pr Dreux. Quel honneur !

Gaëlle Le Normand 

Documents tels que proposés par le Cespharm : www.cespharm.fr
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Les 6 bons conseils
1 Se débarrasser des cendriers, nettoyer l’intérieur de la voiture…
2 Anticiper les situations à risque ou déclenchant une envie de fumer.
3 Surmonter les envies de fumer : boire un verre d’eau, respirer profondément, se répéter que ça ne va durer qu’une à deux minutes, qu’on va tenir…Apprendre à être le plus fort (« je peux résister, j’ai déjà résisté et je peux recommencer »).
4 Se souvenir des motivations qui ont mené à l’arrêt.
5 Inciter à modifier le comportement alimentaire (manger mieux), limiter alcool et café, pratiquer une activité physique.
6 Savoir orienter vers le médecin en cas de pathologie lourde associée, de terrain dépressif, forte dépendance, coaddictions ou tout simplement pour un sevrage non nicotinique.