n°1184
novembre 2006
Santé
Asthme
Le choix des patients
Les patients ne sont pas suffisamment impliqués dans l’approche thérapeutique de l’asthme.
La prévalence de l’asthme est en constante augmentation, et atteint même des proportions alarmantes dans certains pays occidentaux, comme l’Irlande ou les États-Unis. Les motifs en restent mal connus, car l’asthme est une pathologie multifactorielle, et la part relative des divers facteurs impliqués est difficile à identifier. Néanmoins, il est clairement établi que cette maladie inflammatoire chronique est liée à la fois à des facteurs génétiques et à de multiples facteurs environnementaux, notamment l’exposition à des allergènes, à la pollution atmosphérique, à des toxiques professionnels, au tabac, etc.
Être responsabilisé
L’amélioration de la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’asthme a permis la mise au point de traitements de plus en plus efficaces. Ainsi, les associations de corticoïdes et d’agonistes bêta-2 de longue durée d’action constituent aujourd’hui le traitement de référence de l’asthme modéré à sévère. Pourtant, malgré les immenses progrès pour sa prise en charge, l’asthme reste toujours insuffisamment contrôlé. Un élément essentiel et bien identifié dans le traitement de cette pathologie repose sur l’éducation du patient, qui doit s’approprier sa maladie et être responsabilisé quant à sa prise en charge. Ceci est d’autant plus important que l’asthme fait partie de ces maladies que l’on ne sait toujours pas guérir et qui impliquent un traitement chronique... Ne pas tenir compte des attentes du patient serait nécessairement voué à l’échec. « Pour progresser dans la prise en charge de l’asthme, il faut prendre le temps d’éduquer les patients, car leur observance thérapeutique reste globalement mauvaise », souligne Daniel Dusser, chef du service de pneumologie de l’hôpital Cochin (Paris).
Redonner sa place au patient
Comment offrir au patient les meilleures conditions pour l’optimisation de son traitement ? Sans doute en le faisant exprimer ses préférences, puisqu’il est “condamné” à un traitement à vie. Une récente enquête* a donné la parole à un échantillon représentatif de 205 patients utilisant au moins un traitement de fond de l’asthme, afin de recueillir leurs impressions sur l’utilisation des différents systèmes d’inhalation. 64 % des patients utilisaient un spray, 66 % une poudre et 30 % les deux formes. Le premier constat de cette enquête est très révélateur, car à l’heure où les professionnels s’accordent tous pour vanter les mérites de l’éducation du patient et de l’écoute de ses besoins, il apparaît que 70 % des patients n’ont pas été impliqués dans le choix de la forme du traitement par inhalation ! Les avantages des sprays exprimés par les patients sont sa praticité, sa simplicité d’utilisation, sa maniabilité, son efficacité et sa rapidité d’action. Enfin, 65 % des utilisateurs de poudre seraient prêts à changer pour un spray et, parmi les patients utilisant les deux formes, 71 % disent préférer les sprays. « En conclusion, les sprays sont plébiscités par les patients, en particulier pour leur aspect pratique. Il faut redonner au patient sa place dans le choix et définir avec lui l’approche thérapeutique », insiste Daniel Dusser. La première étape de la responsabilisation du patient consiste clairement à l’écouter, et il reste des progrès à accomplir dans ce domaine. C’est à ce prix que l’observance pourra être améliorée. Et la maladie contrôlée.
Nathalie Le Goff
Photo Miguel Medina
* Enquête téléphonique menée par BVA
L’asthme en chiffres
Dans le monde :
■ 300 millions d’asthmatiques au moins.
■ 100 millions d’asthmatiques supplémentaires attendus d’ici 2025.
En France :
■ Environ 4 millions d’asthmatiques.
■ En 2000, 5,8 % des adultes, 7% des enfants vers 7 ans et 14 % à 14 ans étaient asthmatiques.
■ 100 000 hospitalisations par an.
■ 200 000 consultations en urgence par an.
■ 2 000 décès par an.
■ Coût annuel direct de 1,1 milliard d’euros.