n°1184 novembre 2006
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Santé Cancérologie Deux vaccins, un seul ennemi
La plupart des cancers du col de l’utérus sont d’origine virale. Une nouvelle arme rejoint le dépistage dans leur prévention : la vaccination.
Exceptionnel à plus d’un titre : le Gardasil est le premier vaccin disponible contre les cancers du col de l’utérus. Et sa sortie sur le marché français se joue sur fond de bataille internationale entre deux géants de la pharmacie : GSK et Sanofi Pasteur MSD. Ce dernier a pris une bonne longueur d’avance sur son concurrent. Son Gardasil sort sur le marché français courant novembre, après avoir obtenu l’AMM européenne dans un délai serré : neuf mois au lieu de douze habituellement. Le Cervarix de GSK ne devrait pas, quant à lui, voir le jour avant plusieurs mois : il sera produit à terme dans le tout nouveau site de Saint-Amand-les-Eaux, dans lequel le groupe a investi 500 millions d’euros. Il faut dire que le marché potentiel est énorme – entre 3 et 6 milliards d’euros au niveau mondial – et suscite bien des convoitises. Avant même la décision de l’Assurance maladie, AXA propose le remboursement à 80 % du Gardasil pour ses assurées. Une fois le taux de prise en charge et le prix officiel fixés, AXA reviendra à une prise en charge “normale”.

Sortie anticipée

Dans un premier temps donc, le Gardasil ne sera pas remboursé. Le comité technique des vaccinations a planché tout l’été et ses recommandations d’utilisation – population cible, intégration au calendrier vaccinal – seront édictées par la DGS sous peu. Son prix définitif et son taux de remboursement officiel, qui sera certainement de 65 % comme la majorité des vaccins, seront connus plus tard. En attendant, Sanofi Pasteur MSD va mettre en vente son Gardasil entre 100 et 120 euros la dose en prix sortie d’usine, auquel il faut rajouter la marge du grossiste et celle du pharmacien. Trois doses seront nécessaires a priori pour une bonne immunisation (voir encadré), soit 360 euros en tout. Rien qu’en France, d’après les données fournies par Sanofi Pasteur MSD, le cancer du col de l’utérus est diagnostiqué chez 3 400 femmes tous les ans et provoquent près de 1000 décès. D’où l’importance de rappeler l’importance du dépistage par frottis vaginal aux femmes qui ne seraient pas déjà suivies. Une des mesures du plan Cancer préconise d’effectuer un frottis tous les trois ans par un gynécologue. En cas de résultats incertains, le test HPV (Human papillomavirus) doit être pratiqué : il est luimême remboursé depuis février 2004. S’ils ne pourront empêcher tous ces cancers, la présence de papillomavirus n’étant qu’un des facteurs de risque, ces vaccins seront d’une grande aide pour stopper leur épidémie.

Laurent Simon  
Photo Miguel Medina
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Plusieurs millions de femmes concernées
Le créneau thérapeutique de la prévention des cancers du col de l’utérus sera partagé entre deux frères : le Gardasil et le Cervarix. S’il est trop tôt pour divulguer les recommandations vaccinales françaises pour le Gardasil, on peut supposer qu’elles seront proches de celles en vigueur aux USA. A savoir trois doses en tout, les deux premières à un mois d’intervalle vers l’âge de 11-12 ans et la dernière six mois plus tard. Le vaccin est plus efficace lorsqu’il est injecté avant toute relation sexuelle et de manière générale au pic d’activité sexuelle de la femme, qui correspond à celui de l’exposition au virus entre 13 et 26 ans. En attendant, l’AMM européenne préconise le Gardasil chez les femmes de 9 à 26 ans pour « la prévention du cancer du col de l’utérus, des lésions précancéreuses du col de l’utérus (...) de la vulve [et] du vagin (...) causés par le papillomavirus humain de type 6, 11, 16 et 18 ». Les papillomavirus sont très courants : 70 % des personnes sexuellement actives y seraient exposées durant leur vie. Dans les cas de cancers liés aux virus 16 et 18, le laboratoire clame un taux d’efficacité de 100 %, les 6 et 11 n’étant généralement pas oncogènes.