n°1184 novembre 2006
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Actualité Edito C’est l’Ondam qu’il faut réévaluer !
La troisième et dernière vague de réévaluation des SMR de 835 spécialités par la Haute autorité de santé concerne cette fois 133 médicaments et 40 principes actifs, et se présente pour l’économie officinale comme une nouvelle menace. L’aspect technique de cet avis qui inflige un SMR « insuffisant » à des médicaments remboursés pour lesquels le pharmacien doit expliquer qu’ils n’ont pas d’intérêt thérapeutique alors qu’il les délivrait jusqu’à présent, laisse une impression de malaise auprès des malades et il est compréhensible que chacun d’entre nous y aille de son commentaire pas forcément en phase avec celui de la HAS. Heureusement – et le calendrier n’y est sans doute pas pour rien – le ministre de la Santé a décidé de ne pas suivre les recommandations de la HAS. Le problème reste néanmoins presque entier, car le maintien au remboursement grâce au taux 15 %, prôné par la FSPF, n’est assuré que pour un an et s’accompagne de baisses de prix. Celles-ci viennent s’ajouter à l’addition déjà salée du plan médicament 2006 et ne pourront que déstabiliser un peu plus notre économie. Aujourd’hui, il faudra nous battre pour maintenir ces médicaments au remboursement et pérenniser ce taux de 15 % audelà de l’année qui vient. Nous savons bien que lorsque les médicaments sont déremboursés, leurs ventes s’effondrent (- 60%), et que les transferts de prescription sont massifs. C’est dans ce contexte que s’inscrit le jeu assez trouble de la Mutualité française qui regrette le maintien du caractère remboursable de ces médicaments et qui demande à ses mutuelles adhérentes de ne pas prendre en charge la partie complémentaire. Il s’agit là d’un refus net d’assurer sa mission : proposer à ses adhérents la possibilité d’assurer leur risque. Fort heureusement, cet appel n’est pas suivi par l’ensemble des complémentaires qui entendent jouer pleinement leur rôle. Rappelons au passage que même la CMU complémentaire prend en charge le taux de 15% ! La Mutualité française fait le calcul que les médicaments à 15 % ne seront plus remboursés dans un an et anticipe cette radiation en refusant leur prise en charge, ce qui au passage lui permet de réaliser de substantielles économies. Gageons que si le contraire se produit, ce qui est souhaitable, elle proposera à ses adhérents des contrats remboursant le taux à 15 %.

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L’Ondam « soins de ville », initialement prévu dans le PLFSS 2007 au niveau ridiculement faible de 0,8 % d’évolution, a finalement été porté à 1,1 % par le ministre de la Santé. Ce modeste « coup de pouce » accordé aux professionnels de santé avait été réclamé par plusieurs parlementaires de la majorité, mais à un niveau plus important (entre 1,2 % et 1,5%). Même si un pas vient d’être franchi par le ministre, ce geste est, de toute évidence, largement insuffisant. La FSPF maintient donc sa position sur le caractère irréaliste d’un sous-objectif « soins de ville » quand bien même à 1,1%. Nous devons aujourd’hui poursuivre notre mobilisation auprès des parlementaires, car nous avions demandé 1,5 %, ce qui nous semble le minimum acceptable si nous voulons voir évoluer positivement le taux de dépenses des médicaments.

Philippe Berthelot
Directeur de la rédaction
Membre du Bureau National de la FSPF
Photo Miguel Medina
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