n°1184 novembre 2006
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Santé Neurologie La HAS s’attaque au Parkinson
En raison de la sévérité du handicap et de l’importance des soins que la maladie de Parkinson exige, les institutions de santé, dont la Haute autorité de santé, ont pris conscience de la nécessité de faire évoluer sa prise en charge.
Rigidité, tremblement, lenteur des gestes... Le handicap moteur est le symptôme le plus connu de la maladie de Parkinson. On sait moins que cette maladie, classée deuxième affection neurodégénérative (par la fréquence) après la maladie d’Alzheimer, engendre avec le temps des troubles cognitifs et neuropsychiatriques importants. Rappelons qu’il n’existe pas de traitement curatif de la maladie de Parkinson et que celui-ci est purement symptomatique. Il consiste à remplacer, au moyen de la L-Dopa, ou à stimuler, grâce aux agonistes dopaminergique, la dopamine déficiente. La L-Dopa, le plus efficace des antiparkinsoniens, reste la pierre angulaire de la prise en charge des patients.

Retarder l’incapacité


Les premières années de la maladie peuvent être traitées efficacement, le traitement médicamenteux permettant de conserver une autonomie et une vie pratiquement normale. Il s’agit de la période appelée « lune de miel », d’une durée de trois à huit ans. Surviennent ensuite des fluctuations motrices et des dyskinésies. Enfin, la dernière période, la plus handicapante, correspond à l’apparition de symptômes résistants à la L-Dopa, conduisant à un arrêt des activités et à un retrait social. En définitive, les produits existants couvrent pour l’instant de façon très insuffisante le besoin thérapeutique. Par ailleurs, du fait de l’évolution de la maladie mais aussi de la courte durée d’action des médicaments, patients et médecins sont rapidement confrontés à des problèmes de dosages, de nombre de prises (jour-nuit), d’observance et d’évènements indésirables (la maladie de Parkinson est la deuxième cause d’accidents médicamenteux). Afin notamment de retarder la survenue des incapacités sévères, l’amélioration de la prise en charge globale des personnes atteintes de Parkinson fait partie des cent objectifs prioritaires de la loi de santé publique du 9 août 2004. Cette maladie d’évolution prolongée, au retentissement important en termes de qualité de vie, figure en outre sur la liste des trente affections de longue durée ouvrant à une prise en charge des soins. Plus récemment, de nouvelles initiatives ont été prises. La Haute autorité de santé, qui intervient au niveau des recommandations, a ainsi entamé tout un travail sur la maladie depuis l’été 2006. Plusieurs outils sont en préparation : un guide à l’attention des médecins traitants, une liste d’actes et prestations nécessaires à la prise en charge, un guide à destination des patients, remis à tout signataire d’un protocole de soins. Cette démarche nouvelle préfigure un management des maladies chroniques à une échelle individuelle. Par ailleurs, un plan national (à l’instar des plans Cancer, Maladies rares, etc.) pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de pathologies chroniques est en préparation, et concentrera bientôt l’attention sur la maladie de Parkinson et sur la sclérose en plaques.

Claire Grevot
Photo Miguel Medina
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