n°1194 novembre 2007
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Actualité Edito Restons mobilisés
Cette année 2007 a largement prouvé que les pharmaciens de France savaient se mobiliser. Déjà, en mars dernier, à l’invitation de la FSPF, vous étiez plus de 800 à vous être déplacés à Paris pour rencontrer les représentants des candidats à l’élection présidentielle. Plus récemment, lors du Congrès national des pharmaciens, vous avez été un millier à nous rejoindre afin de débattre de l’avenir de la profession. Un avenir assombri par les propos et pensées de certains responsables politiques – et non des moindres – qui semblent vouloir casser un système performant au profit de la grande aventure des réformes et de la dérégulation. Présente à Saint-Malo, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a tenté de répondre à nos préoccupations. Y est-elle parvenue ? En partie seulement. On ne connaît que trop les limites d’un discours ministériel, qui n’est jamais qu’un compromis entre ses propres convictions, la politique de son ministère, celle du gouvernement auquel on appartient... et celle du chef de l’Etat lui-même. Pourtant, le discours de Madame Bachelot comporte quelques idées fortes qu’il convient d’analyser, et de faire nôtres le cas échéant, tout comme il convient de renforcer nos positions sur les sujets restés sans réponses, et surtout sur ceux qui ont reçu une réponse insatisfaisante, à l’exemple du dossier sur l’automédication (lire pp. 6 et 7). Ainsi, devant un auditorium plein à craquer, la ministre a longuement montré combien elle attache de l’importance à notre qualité de professionnels de santé. C’est positif, certes, mais j’observe qu’encore une fois, on a tendance à situer notre rôle « en aval », pour garantir la qualité des soins prescrits. Nous devrons donc continuer à répéter notre détermination et notre capacité à être aujourd’hui un professionnel « central », capable de répondre au plus près aux besoins croissants de nos concitoyens. A ce propos, la ministre de la Santé a proposé d’agir encore et toujours plus en tant qu’acteur de proximité, et nous a proposé une mission dans le domaine de la prévention anti-dopage. Il importe bien sûr que nous étudiions cette piste, tout comme il importe d’explorer de nouveaux champs d’activité, en relation avec l’Agence nationale des services à la personne, dont nous avons accueilli un haut représentant à Saint-Malo. Il nous faut aujourd’hui nous investir dans de nouvelles activités, qui devront bien évidemment faire l’objet de rémunérations spécifiques. Sur le sujet à risque immédiat que constitue l’ouverture du capital, elle a indiqué qu’elle veillerait « avec la détermination qu’imposent les exigences de santé publique à faire valoir le bien-fondé de nos arguments auprès de la Commission européenne ». C’est bien le moins qu’on puisse attendre d’une ministre convaincue du rôle des pharmaciens, et il va de soi que nous l’aiderons à être le porte-drapeau du modèle de santé français. Enfin, sur la question du monopole pharmaceutique, le soutien de Madame Bachelot est encourageant, certes, mais on ne peut pas le qualifier de total, loin de là. Il est donc indispensable de lui apporter des arguments forts sur les bénéfices globaux que la société retire de ce monopole de compétence, tant en termes d’emplois – et donc de croissance économique pour le pays – qu’en termes de santé publique. Notre système pharmaceutique est parfaitement adapté aux besoins actuels de santé et il est apte à relever les défis de santé publique de demain. Nous avons des idées, nous avons la compétence et nous avons la confiance du public. Aussi, n’en doutez pas : nous allons faire preuve de beaucoup d’imagination pour que Nicolas Sarkozy entende les pharmaciens – et à travers eux, les patients. Nous savons que les mois qui viennent vont être décisifs. Continuons à nous mobiliser et à défendre le réseau officinal !

Pierre Leportier
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
Photo Miguel Medina
Image