n°1194
novembre 2007
Santé
Grippe
La lutte antigrippe s’intensifie
Obtenir un taux de couverture d’au moins 75 % en trois ans : tel est l’objectif national défini par l’Assurance maladie en matière de vaccination antigrippale.
Comme à chaque début d’automne, il a débarqué dans les officines. Il ? On veut évidemment parler du vaccin contre la grippe, bouclier efficace contre les virus influenza qui atteignent chaque année plusieurs millions de personnes. Parce qu’elle souhaite faire progresser d’un grand pas la couverture vaccinale, l’Assurance maladie insiste cette année sur le rôle clé joué par le médecin traitant.
Cibles prioritaires
Première cause de mortalité par maladie infectieuse chez les personnes âgées, la grippe a également des conséquences graves chez les patients souffrant de certaines maladies chroniques. Les populations les plus fragiles sont en effet exposées aux complications de la grippe et aux risques de déstabilisation de la maladie dont elles souffrent. Voilà pourquoi les autorités sanitaires ont fait des plus de 65 ans et des malades chroniques les cibles privilégiées de leur campagne de vaccination. Et pour couvrir encore plus efficacement ces populations, elles ont repoussé, l’an dernier, les limites de la prise en charge à 100% qui inclut désormais trois nouveaux groupes : les personnes atteintes de tous types d’asthme ou de bronchopneumopathie chronique obstructive, les enfants et adolescents dont l’état de santé nécessite un traitement prolongé par l’acide acétylsalicylique, les personnes séjournant dans un établissement de long séjour ou de soins de suite, quel que soit leur âge.
Couverture étendue
Cependant, en dépit de ces initiatives, des progrès restent à faire en matière de couverture vaccinale. Parallèlement à sa vaste campagne de vaccination auprès du grand public, l’Assurance maladie mise donc cette année sur l’engagement particulier des médecins traitants. Un engagement négocié dans leur convention médicale, et qui doit s’inscrire, pour elle, dans une dynamique de santé publique. Objectif visé : obtenir un taux de couverture d’au moins 75 % en trois ans. Autrement dit : si la vaccination est le meilleur réflexe contre la grippe, prescrire la vaccination lorsque l’état de santé l’exige doit devenir également un réflexe pour tous les médecins. Quant au pharmacien, conseiller et convaincre les populations cibles de l’intérêt de la vaccination fait naturellement partie de ses missions. Pour plus d’informations, l’Assurance maladie a mis en ligne www.vaccinationgrippe.fr, un site qui propose des brochures « professionnels de santé » téléchargeables. La liste des ALD pour lesquelles le vaccin est pris en charge à 100 % y figure également.
Claire Grevot
Photo Miguel Medina
Ne pas confondre grippe et état grippal
■ l’état grippal a pour symptôme une légère fièvre, le nez qui coule et une faiblesse relative,
■ la grippe se caractérise par des symptômes beaucoup plus marqués : fièvre élevée dépassant 39°, douleurs musculaires, gêne respiratoire, grande fatigue (pouvant obliger à rester au lit plusieurs jours et se prolongeant parfois pendant plusieurs semaines). Ces symptômes rendent difficile la pratique des activités habituelles. 
Que répondre aux patients ?
« On m’a dit que le vaccin pouvait rendre malade »
L’intolérance au vaccin antigrippal est très rare et ses effets secondaires peu fréquents et minimes. La vaccination peut provoquer un léger syndrome grippal mais celui-ci est sans commune mesure avec la grippe elle-même.
« On m’a dit que le vaccin n’est pas efficace »
Si l’on est en contact avec la grippe, la vaccination permet, dans la grande majorité des cas, de l’éviter ou d’en atténuer fortement les symptômes.
« On m’a dit que le vaccin n’est pas adapté au virus existant »
La composition du vaccin est revue chaque année (à partir de souches virales de la grippe détectées dans les mois et semaines précédentes), par un groupe d’experts réuni au plan mondial. Source : dépliant de l’Assurance maladie
« La grippe en quelques mots »
Les autorités sanitaires ont fait des plus de 65 ans et des malades chroniques les cibles privilégiées de leur campagne de vaccination.