n°1194 novembre 2007
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Santé Secourisme Les gestes qui sauvent
Alors que les défibrillateurs automatiques externes (DAE) se démocratisent, la question de leur maniabilité et de leur ergonomie devient centrale.
Début octobre, Roselyne Bachelot indiquait à l’Assemblée nationale vouloir « généraliser l’installation de défibrillateurs automatiques externes dans les lieux publics ». De son côté, Bertrand Delanoë a annoncé le 24 octobre que Paris serait dotée de plus de 200 DAE dans des lieux publics fin 2007 et courant 2008. Une ambition dans le droit fil du décret publié le 5 mai dernier au Journal officiel, élargissant à l’ensemble de la population la possibilité d’utiliser un DAE – qu’il soit entièrement automatisé ou semi-automatique – pour traiter une personne faisant un arrêt cardio- respiratoire, en attendant l’arrivée des secours. De fait, en France, on déplore chaque année environ 50 000 accidents de ce type, avec un taux de survie inférieur à 3% et des séquelles neurologiques potentiellement graves pour les survivants. Administrée au cours des premières minutes, la défibrillation augmente sensiblement les chances de survie, celles-ci diminuant de 10 % avec chaque minute écoulée. Accompagnée d’une campagne d’information, l’installation de défibrillateurs dans les lieux publics permettrait de sauver 4 000 vies par an. Les officines sont d’ailleurs tout indiquées pour s’équiper d’un DAE.

Délai de réaction

Pour avoir un impact significatif sur le taux de mortalité, les défibrillateurs externes se doivent d’être accessibles et utilisables sans aucune formation. A cet égard, les appareils des principaux fournisseurs se valent-ils ? Une étude américaine réalisée en juin 2003 par Interface Analysis Associates, publiée dans le New England Journal of Medicine, a comparé l’ergonomie et l’efficacité de quatre défibrillateurs semi-automatiques (DSA) de marques différentes, disponibles dans divers lieux publics. Soixante-quatre adultes, « novices » en la matière ont dû manier un DSA pour ranimer la victime d’un arrêt cardiaque, symbolisée par un mannequin. Chacun des quatre modèles a été utilisé par un groupe différent. Problème d’ouverture de l’emballage des électrodes, incapacité à enlever les supports d’une ou deux électrodes, mauvais positionnement des électrodes... Au final, 56% des utilisateurs du défibrillateur Zoll et 25 % des utilisateurs de l’appareil DSA Cardiac Science n’ont pas réussi à administrer de choc. Côté délai de réaction, si, pour les appareils de Medtronic et Philips, il s’élevait respectivement à 101 et 101,5 secondes avant qu’un choc électrique soit administré, le délai pour les défibrillateurs de Cardiac Science et de Zoll passait à 151,6 secondes pour le premier et à 225,1 secondes pour le second – qui doit être mis en route manuellement, contrairement aux autres modèles. Dans cette étude, le défibrillateur Philips a permis une meilleure conformité aux instructions et une mise en place plus précise des électrodes. « Cela s’explique par l’importance des instructions vocales et des icônes d’emplacement sur les électrodes », indique le rapport. Déclenchement automatique, instructions simples et ajustées à l’action : quelle que soit la marque retenue, voilà de quoi intervenir dans les meilleures conditions, et ce sans aucun risque d’erreur.

Fanny Rey
Photo DR

Où se procurer un DAE ?
Parmi les principaux fournisseurs de défibrillateurs automatiques externes, dont le prix oscille entre 1600 et 2600 euros, signalons :
● Cardiac Science : www.cardiacscience.fr
● Defibtech : www.defibtech.fr
● Laerdal Médical France : www.laerdal.fr
● Philips Medical Systems : www.medical.philips.com/heartstart
● Medtronic : www.medtronic.com
● Zoll : www.zoll.fr


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