n°1214 novembre 2009
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Actualité PLFSS Quel impact pour l’officine ?
Près de 5 500 euros par officine : telle pourrait être la facture du PLFSS cuvée 2010. À moins que le marché du médicament confirme la bonne tendance observée ces derniers mois…
Le cabinet de Roselyne Bachelot avait prévenu dès cet été les représentants de la Fédération : le PLFSS alors en préparation ne contiendrait aucune mesure directe sur l’officine (cf. l’édito de Philippe Gaertner en p. 1). De fait, on est bien loin de l’automne 2005, quand Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, se proposait, en généralisant le TFR, de piocher 700 millions d’euros dans le tiroir-caisse des pharmacies! La Fédération a évalué à 128 millions d’euros l’impact du PLFSS 2010.Pourtant, la somme des mesures indirectes contenues dans ce projet de loi ne sera pas sans effet – loin de là – sur les bilans comptables des officines. La FSPF a ainsi évalué à 128 millions d’euros l’impact des mesures sur le médicament annoncées dans le PLFSS 2010, soit une moyenne de presque 5 500 euros par officine. Le détail de ce calcul est indiqué dans le tableau ci-dessous, qui recense, pour chacune des cinq grandes mesures relatives au médicament, le gain en économies espéré pour l’Assurance maladie, et l’impact de chacune des mesures sur la marge de l’officine et sur les remises commerciales pratiquées par les laboratoires. « Ce calcul est basé sur l’état du marché du médicament en 2009, précise Philippe Besset, président de la commission Économie de la Fédération. Or, ces trois derniers mois ont été marqués par une remontée des ventes de médicament, et si cette tendance se confirme sur les prochains mois, l’impact du PLFSS pourrait s’en trouver amoindri… Cela, on ne peut pas encore le prévoir. » Ce qu’on ne peut pas prévoir non plus, c’est la guerre d’amendements qui se profile dans les semaines qui viennent, et qui pourrait encore modifier la donne. Plusieurs députés, y compris au sein de la majorité présidentielle, entendent bien muscler ce PLFSS. Face à des mesures jugées « homéopathiques », les députés veulent du lourd ! Un débat à suivre attentivement.

Laurent Gainza  
Photo Miguel Medina
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La mutualité menace
« Nous prévoyons, a expliqué Roselyne Bachelot le 1er octobre devant la Commission des comptes de la Sécurité sociale, une réduction de 35 % à 15 % du taux de remboursement des médicaments à service médical rendu faible dans toutes leurs indications, ainsi que des médicaments restés à 35 % alors que leur service médical rendu a été jugé insuffisant. » Une mesure qui induirait donc quatre taux de remboursement : 100 % pour les médicaments irremplaçables et très coûteux (anticancéreux, antirétroviraux), 65 % lorsque le service médical rendu est jugé important (les analgésiques tels que l’aspirine ou le paracétamol en seraient), 35 % lorsqu’il est jugé modéré, et 15 % lorsqu’il est faible. Seulement, ce transfert de prise en charge vers les mutuelles n’est pas du goût de toutes. « Soit un médicament est jugé utile, et il doit être correctement remboursé. Soit il est inutile et il n’y a pas de raison que les adhérents des mutuelles en supportent le coût ! », s’indigne la Mutualité française, qui appelle dès maintenant ses mutuelles adhérentes à ne pas prendre en charge les spécialités concernées. Une décision qui signerait l’effondrement de ce segment de marché, et aurait évidement des conséquences sur l’économie officinale.