n°1183
octobre 2006
Actualité
Ehpad
La DGS hostile au déconditionnement à l’officine
Déconditionnera ? Déconditionnera pas ? Où et comment ? Les relations entre maisons de retraite et pharmaciens tendent à se simplifier.
La polémique dure depuis quelques années, mais l’issue semble proche. « La réglementation ne prévoit pas la possibilité pour les pharmaciens d’officine, pour des raisons de sécurité sanitaire, de “déconditionner” les présentations des médicaments au sein de leurs officines ». Une mise au point signée de la Direction générale de la santé, qui répondait le 8 septembre dernier à une question que lui avait adressée la FSPF. Les missions de l’officine sont et restent donc la délivrance de médicaments dans leur emballage d’origine, selon le Code de la Santé publique. Dans ce cas particulier de la délivrance aux maisons de retraite, la dispensation est en effet tronquée : le pharmacien n’est pas présent et l’infirmière ne dispose pas de la notice du médicament qu’elle délivre. Pas de conseil officinal à la clef, donc, ce qui relève pourtant de la mission de santé publique du pharmacien. Ce courrier est un pas de plus vers la clarification de cette polémique qui oppose les directeurs d’établissement ne disposant pas de PUI (Pharmacie à usage intérieur) et les officinaux depuis de trop nombreuses années. Le ministre de la Santé, qui attend 15 millions d’euros d’économies sur ce poste, l’a annoncé pour le PLFSS 2007 : « les Ehpad qui se fournissent auprès d’officines pour la fourniture en médicaments de leurs résidents » devront « signer une convention avec cette ou ces officines ».
Conventionnons !
Que vient faire le PLFSS 2007 là-dedans ? L’ambition des syndicats et des directeurs d’établissements est d’établir une convention-type qui remplacerait avantageusement les accords ponctuels qui existent déjà entre certaines pharmacies et certaines maisons de retraite. Avec les problèmes que l’on sait, liés à l’individualisation des doses et à l’achat des machines pour le faire. Après le flou artistique qui régnait sur le sujet, il s’agissait de remettre un peu d’ordre. Mais une chose après l’autre : il faut d’abord légalement entériner ce “nouveau” rôle des pharmaciens de fournisseur de médicaments pour les Ehpad. Pour ce faire, un texte va donc être intégré dans le PLFSS 2007. Une fois que les codes de la Santé publique et de la Sécurité sociale auront été modifiés, la voie sera logiquement grande ouverte pour une convention-type entre Ehpad et officinaux, qui sera négociée entre les syndicats et les directeurs d’établissement. Et finalement intégrée par avenant à la toute nouvelle Convention pharmaceutique. Dans la lignée du rapport Deloménie de 2005, les rapports entre les directeurs d’Ehpad et les pharmaciens pourront enfin se normaliser.
Laurent Simon
Photo Miguel Medina