n°1193 octobre 2007
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Santé Addiction Substitution, prochaine génération
Ça va bouger du côté de la substitution aux opiacés : étude Méthaville, suboxone, méthadone... Et après ?
Xavier Bertrand en avait fait la promesse avant de rendre son tablier avenue de Ségur : il faut assouplir la prescription de méthadone. Le but de Méthaville, l’étude idoine, est donc assez simple : savoir si la primo-prescription en ville de la méthadone influe sur la prise en charge du toxicomane. « La question est : peut on être plus souple dans la prescription de méthadone ? », résume Stéphane Robinet, pharmacien à Finkwiller, très en pointe sur les affaires de substitution. Pour cela, l’ANRS [Agence nationale de recherche sur le Sida, NDLR] va mener une étude sur deux ans, avec plusieurs sites-pilotes, dont ma pharmacie. C’est une étude en double aveugle : certains se verront “primoprescrire’’ la méthadone en ville, d’autres en dispensaire ou à l’hôpital, comme c’est le cas actuellement. Le marqueur de réussite de la prise en charge est, entre autres, le taux de séroconversion VHC des patients. » Pessimiste, Thierry Kin, chef de produit Methadone chez Bouchara Recordati, constate : « Le discours politique risque de changer d’ici la fin de l’étude et, si c’est le cas, rien ne se passera ».

Suboxone ou méthadone ?

Pourtant, à la marge, les choses bougent. Une forme en gélules de la méthadone est en préparation. Prévue pour sortir d’ici la fin de l’année, elle aura de nombreux avantages, dont la praticité d’utilisation et de transport pour les usagers. « Cela évitera à mes patients de partir avec des sacs à dos remplis de flacons et normalisera leur prise en charge », se réjouit Stéphane Robinet. Argument de sécurité également, la forme sèche contenue dans les gélules gonfle au contact de l’eau pour former une gelée, ce qui empêche tout mésusage du médicament. Autrement dit : toute injection. Et puis ça ménagera plus de place dans le coffre-fort pour ceux qui pratiquent beaucoup la substitution aux opiacés. Reste le cas de la suboxone : déjà dépositaire d’une AMM européenne et commercialisée dans d’autres pays, sa sortie tarde en France, et n’aura pas lieu avant 2008. Sans que Schering-Plough puisse fournir de date précise, arguant de l’incertitude du processus réglementaire en France : CEPS, Commission de la transparence... Philosophiquement original, ce produit comporte de la buprénorphine et de la naloxone ; il est pris par voie orale. La première molécule soigne l’addiction aux opiacés, l’autre « punit » en cas de mésusage en provoquant un syndrome de manque. C’est donc le premier médicament qui prévient ses propres abus ! Même si d’aucuns, comme Formindep (collectif pour une formation médicale indépendante), soupçonne juste le laboratoire de vouloir contourner le lancement récent des génériques du Subutex. A suivre.

Laurent Simon
Photo DR
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Des comprimés de suboxone