n°1193
octobre 2007
Santé
Epidémiologie
Dernières mises au point sur le cancer
Un rapport national dévoilé le 13 septembre réaffirme que les principales causes du cancer résident dans notre mode de vie.
Il aura fallu deux ans d’un travail conjoint entre l’Académie de médecine et une flopée d’organismes sanitaires pour tenter d’en savoir plus sur les origines du cancer et sur son inquiétante progression, même si, grâce aux méthodes de dépistage et de guérison perfectionnées, la mortalité liée au cancer a diminué de 13 % depuis 1968. Voici un rapide tour d’horizon des facteurs de risques.
Agents infectieux. Le HPV susceptible d’entraîner un cancer du col de l’utérus ou de la gorge, les hépatites B et C, d’induire un cancer du foie, le virus d’Epstein-Barr à l’origine de nombreux lymphomes... 4,2 % des cancers seraient liés à l’une de ces infections.
Alcool. Il serait directement responsable de 11 % des cancers chez l’homme et de 4,5 % chez la femme.
Alimentation. Son influence serait majeure, même si l’effet de facteurs nutritionnels n’a pas été confirmé. Le risque de cancer du côlon ne serait que faiblement augmenté par la consommation de viande et de charcuterie.
Environnement professionnel. Amiante, poussière de bois, peinture au benzène, etc. seraient à l’origine de 3,7 % des cancers chez l’homme et 0,5 % chez la femme.
Hormones de synthèse. Les traitements hormonaux de la ménopause seraient à l’origine d’environ 2 % des décès par cancer chez la femme, essentiellement du sein et de l’ovaire. Côté contraception, la pilule serait responsable d’une cinquantaine de cas de cancer du sein chaque année, mais minimiserait le risque de cancer de l’ovaire.
Pollution. Les conclusions du rapport en la matière sont plutôt inattendues : « Le nombre de cancers liés à la pollution est faible en France, de l’ordre de 0,5 %. Il pourrait atteindre 0,85 % si les effets de la pollution atmosphérique étaient confirmés ». Selon ce document, l’exposition aux pesticides, aux dioxines à faible dose ou aux portables ne peuvent être considérés comme des facteurs favorisant.
Sédentarité. Le surpoids et le manque d’activité seraient en cause dans 3 % des cancers de l’homme et 5 % de la femme.
Tabac. Sans surprise, le tabac, à l’origine de 18,2 % des cancers en France, reste l’ennemi n°1. Il est à l’origine du tiers des décès chez l’homme et de 9,6 % chez la femme.
Si les causes de cancer sont identifiables dans 45 % des cas chez les hommes et 30 % des cas chez les femmes, l’étude reconnaît que l’origine de 85 % des cancers chez les non fumeurs demeure méconnue.
Fanny Rey
Photo Miguel Medina
* Le rapport en version abrégée est téléchargeable à partir du site du Circ :
www.iarc.fr/IARCPress/pdfs/index3fr.php 
Selon une étude parue mi-septembre dans le British Medical Journal, la pilule, prise pendant moins de huit ans, pourrait faire reculer les risques de cancer de 3% à 12%.