n°1204 octobre 2008
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Actualité Automédication Patients, c'est l'heure du bilan
Une étude menée à Lyon sur près de 400 personnes confirme les bienfaits du suivi personnalisé des malades chroniques à l’officine. Un exemple à suivre. 
Les bonnes idées n’ont pas de frontières. S’inspirant de la méthode québecoise des « soins pharmaceutiques », les étudiants en 6e année section officine de la faculté de Lyon ont mené une expérimentation ambitieuse. Le principe ? Chaque étudiant devait choisir cinq patients et – après accord de ces derniers – mener deux entretiens pour monter un « plan de soins personnalisé », sous la supervision du maître de stage. "La communication est parfois délicate entre prescripteurs et pharmaciens" Lors du premier, les volontaires voyaient leurs ordonnances passées au crible par le futur pharmacien. Non sans préparation : l’étudiant devait remonter l’historique médicamenteux sur 27 mois pour y détecter tous les éventuels problèmes d’interactions ou d’inobservance. Point primordial, le patient était tenu d’apporter à l’officine un bilan biologique : il ne s’agit pas pour le pharmacien de ne s’occuper que des médicaments mais bien d’une prise en charge globale. Hygiène de vie, adaptation du traitement, compliance : tous les paramètres sont passés au scanner. Lors du deuxième entretien, à l’occasion d’un renouvellement d’ordonnance par exemple, les stagiaires font le point avec « leur » patient et réajustent leur conseil, le cas échéant, voire réorientent le malade sur son médecin, comme cela est arrivé dans plus de 20 % des cas. Si près de la moitié des patients se plaignaient de gênes dues à la prise médicamenteuse avant leur « bilan », ils n’étaient plus qu’un sur cinq à l’issue des deux entretiens. Encourageant.

Service compris ?

Effet bénéfique également – bien que plus modeste – sur la compliance, 16 % des patients ont déclaré prendre leur traitement plus régulièrement après y avoir été sensibilisés. Reste tout de même quelques problèmes à résoudre, et pas des moindres. Les auteurs reconnaissent que « le médecin n’a été contacté par le stagiaire que dans 6,85 % des cas (…) La communication est parfois délicate (…) Il serait souhaitable dans l’avenir de partager avec les prescripteurs les informations obtenues ». Question de moeurs mais aussi de moyens : le dossier pharmaceutique et l’accès du pharmacien aux constantes biologiques dans le futur DMP devraient y contribuer. D’autre part, le bilan concerne majoritairement des personnes retraitées qui avaient du temps à y consacrer, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. D’autant que « le mode de rémunération du pharmacien ne l’encourage pas », notent les auteurs. Les patients ne seraient pourtant pas opposés à voir leur potard rémunéré pour ces bilans… à condition d’être remboursés bien sûr ! Sécu et/ou mutuelles devront donc être sollicités. Quand on se souvient du barouf qu’avait provoqué la « consultation pharmaceutique », mise en place par la MTRL(1) en mai 2007 (voir Le pharmacien 1191), un constat s’impose : la question est loin d’être tranchée.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina

(1) « Une mutuelle pour tous », basée dans la région lyonnaise 
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78 % des patients trouveraient "normal" que le pharmacien soit indemnisé pour effectuer ces bilans.