n°1204
octobre 2008
Santé
Cardiologie
Bien mesurer sa tension, ça s'apprend !
L'automesure de la pression artérielle aide au dépistage, au suivi du traitement et au contrôle de l'hypertension. A une seule condition : parfaitement connaître ses modalités pratiques.
L’intérêt scientifique de l'automesure de la pression artérielle étant désormais bien établi, celle-ci doit être encouragée. Cette technique aide en effet le médecin à reconnaître si un patient est hypertendu ou pas, mais elle permet également d'étudier l'efficacité d'un traitement et de vérifier si la tension est suffisamment contrôlée. Son utilisation impose d'enseigner au patient les modalités pratiques de la mesure afin d'en assurer la qualité.
■ Utiliser un tensiomètre validé
L'Afssaps a établi une liste validée et régulièrement actualisée de modèles de tensiomètres-brassard et de tensiomètres poignet. La préférence va aux tensiomètres avec brassard. Les tensiomètres au poignet sont d'utilisation plus délicate, la mauvaise position du poignet exposant à des erreurs de mesures.
■ Mesurer en bonne position
Au domicile, la pression artérielle se mesure en position assise (s'asseoir confortablement), après un repos de cinq minutes. Le brassard doit être enfilé au niveau du bras, ajusté à la bonne hauteur, l'avant-bras placé sur la table, paume de la main vers le haut, sans serrer le poing. Avec un appareil poignet, le coude doit être posé sur la table et le poignet maintenu à la hauteur du coeur pendant la mesure. Pendant le gonflage et le dégonflage, la règle est de ne pas bouger, de rester détendu.
■ Mesurer au bon moment
Le matin, la pression artérielle doit être déterminée avant la prise des médicaments (avant le petit-déjeuner). Le soir, elle doit être mesurée à un horaire régulier (avant le coucher). Pour prendre soi-même sa tension, il convient d'appliquer la « règle des 3 » : trois mesures le matin, trois mesures le soir (répéter les prises trois fois de suite, à une ou deux minutes d'intervalle, pour obtenir trois mesures consécutives), trois jours de suite. L'instauration de ce type d'automesure aide à vérifier l'efficacité du traitement.
■ Avant la consultation
La série de mesures qui précède la visite chez le médecin doit s'effectuer pendant trois jours au minimum (cinq jours, voire sept, lorsque l'objectif est d'améliorer l'observance et la participation du patient à sa prise en charge). Il est conseillé de noter, pour mémoriser, tous les résultats des mesures en mentionnant la date, l'heure et le traitement en cours. L'utilisation d'un appareil équipé d'un système d'enregistrement est conseillé car les relevés sont automatiques. Le médecin jugera de la situation d'après la moyenne des mesures. Sauf cas très particuliers, il n'est pas nécessaire de mesurer sa tension tous les jours de l'année.
Claire Grevot
Photo Miguel Medina
Pendant le gonflage et le dégonflage, la règle est de ne pas bouger, de rester détendu
Rappels et repères
■ Les mesures à domicile diffèrent de celles relevées chez le médecin : 135/85 mmHg à domicile correspond à 140/90 au cabinet (pression systolique pour le premier chiffre, qui correspond au moment où le coeur se contracte, pression diastolique pour le second, qui définit le moment où le coeur se relâche).
■ Si le bras est trop petit ou s'il a un diamètre supérieur à 33 cm, le brassard de l'appareil peut ne pas être adapté et être à l'origine de faux résultats (la taille standard est adaptée à la mesure de la pression artérielle pour un bras d'une circonférence de 22 à 32 cm).
■L'automesure tensionnelle est déconseillée aux enfants, aux patients particulièrement anxieux, à ceux ayant des troubles cognitifs ou souffrant d'arythmies (arythmie par fibrillation auriculaire, extrasystoles).
Pour en savoir plus
■ www.afssaps.sante.fr (liste de modèles de tensiomètres)
■ www.fedecardio.com
■ www.automesure.com
■ www.ordre.pharmacien.fr/hta/pdf/depliant-vert.pdf