n°1204
octobre 2008
Santé
Conseil
Coups de barre et grosses fatigues
La fatigue est une plainte courante à l'officine. Votre mission vis-à-vis des clients « fatigués » tient en trois points : rassurer, redonner le tonus et orienter en cas de besoin vers une consultation médicale.
Selon différentes enquêtes, plus de la moitié des Français avoueraient être fatigués. Si les jeunes et les actifs sont les plus concernés, ce phénomène n'épargne aucune classe d'âge.
■ Pourquoi la fatigue ?
Les causes sont très nombreuses. Parmi les plus fréquentes, on retrouve : les fatigues réactionnelles (soucis d'ordre personnel ou au travail, surmenage sportif ou professionnel, conjugaison de plusieurs éléments : mauvaise hygiène de vie, repas déséquilibrés, absence d'exercice, abus d'alcool, manque de sommeil, stress, changements de rythmes biologiques, changements de saison, etc.), les maladies psychiques, les pathologies infectieuses. La fatigue est aussi, parfois, la conséquence d'une maladie générale (hypothyroïdie, hépatite, cancer, etc.).
■ Fatigue physique ou nerveuse ?
La première est musculaire, apparaît après un effort physique et est due à un épuisement des réserves énergétiques. Elle est le plus souvent enrayée après le repos et la remise à niveau des réserves. La fatigue nerveuse survient, quant à elle, après un travail intellectuel ou un surcroît de sollicitations (tâches répétitives, sans plaisir), de contraintes, de problèmes familiaux, etc. C'est aussi un signal d'alarme à prendre au sérieux car susceptible de pointer un syndrome dépressif.
■ Les symptômes
Les plus fréquents sont des troubles musculaires (contractures, crampes, tremblements, baisse de la résistance à l'effort), du sommeil (difficultés d'endormissement, insomnie ou hypersomnie, sommeil agité), intellectuels (diminution du rendement, difficultés de concentration, problèmes de mémoire et d'attention), digestifs (diarrhée, constipation, modification du comportement alimentaire, spasmes), sexuels, du caractère (irritabilité, hyper-émotivité, baisse de l'initiative, difficultés relationnelles, anxiété, tristesse, démotivation).
■ Comment remédier à la fatigue ?
En cas de fatigue passagère : à l'aide de vitamines « coup de fouet » à base de vitamine C, de caféine, arginine, guarana ou ginseng, à prendre pendant quelques jours. Pour une action à long terme : avec des associations micro-nutriments et vitamines (A, B, etc.) faiblement dosées ou l'oligothérapie (manganèse/cuivre, zinc/cuivre, cuivre/or/argent, etc.), en cures de quelques semaines. Bien évidemment, l'hygiène de vie, le repos et « last but lot least » une alimentation équilibrée jouent un rôle primordial au cours d'une cure anti-fatigue.
■ Quand la consultation est-elle nécessaire ?
Dès que le patient n'est pas capable de trouver une raison évidente à son manque d'énergie, si la fatigue persiste, si le repos reste inefficace. Cette fatigue peut cacher un déséquilibre ou une maladie passée jusque-là inaperçue.
Claire Grevot
Photo Miguel Medina
Crevé(e) ? Epuisé(e) ? Exténué(e) ? Les solutions ne manquent pas, encore faut-il trouver la cause.
Le travail, c’est la santé ?
Une double enquête réalisée par le laboratoire Therval Médical et l'Institut Ipsos sur la perception de la fatigue* a montré que le travail est une des principales causes de fatigue. Elle a par ailleurs précisé les pics de fatigue au cours de la semaine : l'asthénie apparaît principalement le lundi et le vendredi, les signes prédominants le lundi étant un manque de motivation et une humeur maussade, ceux marquants le vendredi étant le manque d'attention et les courbatures.
D'après l'étude TNS Healthcare réalisée pour l'Institut du sommeil et de la vigilance (ISV), 17 % des Français sont somnolents et s'endorment dans de multiples circonstances. Le manque de sommeil est cité comme première cause de fatigue et en deuxième position apparaissent les conditions de travail. Le début d'après-midi serait le moment où la fatigue est la plus importante. L'irritabilité et le manque d'énergie sont cités comme conséquences principales de celle-ci.
* Enquête réalisée auprès de 1 000 Français et des patients de 2 478 médecins généralistes et 1 191 pharmaciens.