n°1204 octobre 2008
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Santé Pédiatrie Nez lavé, rhume stoppé
Le traitement de la rhinopharyngite chez l'enfant repose sur des moyens simples et efficaces. En la matière, on n'a pas trouvé mieux que le lavage des fosses nasales. 
La rhinopharyngite est une affection bénigne quasi-obligatoire chez l'enfant : jusqu'à l'âge de cinq ans, elle se concrétise par sept à huit rhumes par an et représente la première cause de consultation pédiatrique.

Comment expliquer la fréquence de cette affection ?
D'une part, par le contact permanent des voies aériennes supérieures avec le milieu ambiant, d'autre part, par la perte de la protection de l'immunité maternelle dès six mois. Après avoir été protégé par les anticorps maternels, l'enfant va devoir progressivement fabriquer ses défenses immunitaires au contact de nombreux germes.

■ Quels sont les principaux agents pathogènes ?
Dans la plupart des cas, il s'agit de virus : rhinovirus, coronavirus, adénovirus, entérovirus, virus para-influenzae, virus respiratoire syncytial (VRS)… Au total, plus de 200 virus peuvent induire une rhinopharyngite chez l'enfant.

■ Quels sont les symptômes ?
L'enfant présente généralement un écoulement nasal clair puis purulent, des éternuements et une obstruction nasale, souvent accompagnés de fièvre (< ou égale à 38,5 °C), d'une inflammation du pharynx, d'une toux. A savoir : une rhinorrée purulente avec de la fièvre n'est pas forcément synonyme d'infection bactérienne.

■ Comment évolue-t-elle ?
Cette pathologie bénigne cesse en général spontanément dans un délai de sept à dix jours. Toutefois, certains enfants peuvent présenter des complications infectieuses secondaires dues à une surinfection bactérienne, notamment au niveau de l'oreille. L'otite moyenne aiguë constitue la principale complication.

■ Quel traitement conseiller ?
Essentiellement symptomatique, le traitement vise à faciliter la respiration, éliminer les sécrétions, éviter les surinfections. Il repose sur le mouchage, le lavage des fosses nasales, quatre à six fois par jour, avant chaque repas (à l'aide de solutions de lavage en pipette ou en spray), l'utilisation d'antipyrétiquesantalgiques en cas de fièvre et maux de tête. Le mouchage avant les repas est primordial : l'enfant ne doit pas respirer par la bouche lorsqu'il mange. De plus, les glaires avalées emplissent son estomac, l'empêchent de manger et peuvent le faire vomir. Une bonne hydratation, une température et une hygrométrie ambiante correcte pour éviter la sécheresse nasale, fluidifier les sécrétions (18°C au maximum dans la chambre, 80-90% de taux d'humidité) doivent d'autre part être assurées.

■ Quand orienter vers une consultation médicale ?

Si aucune amélioration n'est observée dans les trois jours, si des signes de gravité apparaissent (forte fièvre, conjonctivite purulente, douleur à la déglutition, difficultés respiratoires, troubles digestifs, etc.).

Claire Grevot
Photo Miguel Medina
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Une rhinorrée purulente avec de la fièvre n'est pas forcément synonyme d'infection bactérienne


Enfin une surveillance épidémiologique
Si les infections ORL de l'enfant sont très fréquentes en France, leur surveillance épidémiologique était jusqu'à présent quasi-inexistante. Afin de répondre au manque en la matière, le groupe de recherche Inserm-SCEPID dirigé par Laurent Toubiana (laboratoire de biostatistique et d'informatique médicale du groupe hospitalier Necker Enfants Malades) a lancé, en décembre 2007, une étude nationale de surveillance épidémiologique des épisodes infectieux aigus de la sphère ORL chez l'enfant. Dénommé KhiObs, l'observatoire mis en place a confirmé l'importance de ce type d'infections en France métropolitaine (le nombre de consultations dispensées durant la période hivernale pour les cinq pathologies ORL suivie* a été estimé à deux consultations par enfant et par saison). Les informations de santé publique issues de cet outil sont disponibles sur le site www.khiobs.org, sous forme de bilans hebdomadaires sur l'évolution des pathologies au niveau départemental, régional et national.
 
* Otite moyenne aiguë, angine, rhinopharyngite, sinusite aiguë, laryngite striduleuse.