n°1213
octobre 2009
Santé
CONSEIL
Pitié pour les tympans !
Si la prévention des traumatismes sonores est indispensable, le choix de la protection à utiliser n’est pas nécessairement aisé… Voici quelques pistes.
Le bruit est omniprésent dans notre vie quotidienne, mais ses conséquences sont encore mal perçues. En milieu professionnel, le seuil d’alerte est fixé à 80 décibels (dB). Or, en France, un actif sur quatre est exposé à des niveaux sonores supérieurs à 85 dB, pour lesquels le port de protections auditives est obligatoire. Le bruit excessif provoque fatigue et perte de vigilance, jusqu’à des risques d’acouphène, d’hyperacousie, voire de surdité progressive, en tête de liste des maladies professionnelles depuis plus de vingt-cinq ans. Autre source de niveaux sonores élevés, les concerts et baladeurs ou autres MP3, reconnus pour leurs méfaits sur l’audition. « À la suite d’un concert, mes oreilles se sont mises à siffler, puis je suis devenu de plus en plus sensible aux bruits », explique un étudiant. La législation limite la puissance sonore des baladeurs à 100 dB et celle des concerts à 105 dB. Reste à savoir si elle est adaptée puisque le risque de traumatisme auditif est équivalent pour une exposition de huit heures à 85 dB, de quinze minutes à 100 dB ou de moins de quatre minutes à 106 dB…
Des acouphènes à la surdité
Le choix des protections individuelles est laissé à l’appréciation de l’employeur qui doit respecter la valeur limite d’exposition de 87 dB avec des protections, qui doivent être portées pendant toute la durée de l’exposition au bruit pour être efficaces. Ainsi, « si la qualité intrinsèque de protection contre le bruit est importante, il ne faut jamais oublier que l’efficacité de la protection dépend aussi des conditions d’utilisation », souligne un ouvrage collectif dirigé par François Legent, ORL et professeur émérite de la faculté de médecine de Nantes. Si les casques, surtout utilisés contre les bruits intenses, ont l’avantage de pouvoir s’ajuster aisément sur les oreilles, les bouchons d’oreille standard peuvent être difficiles à mettre en place ou à retirer. Leur composition – mousse ou cire – impose un mode d’emploi à respecter. « Les bouchons en cire sont plus performants car ils adhèrent mieux », avancent les adeptes du bouchon à modeler, alors que ses détracteurs soulignent qu’« ils sont moins confortables que les bouchons en mousse », qu’« ils ne sont pas hygiéniques et ont tendance à laisser des résidus dans l’oreille » tandis que « les bouchons en mousse s’adaptent mieux au conduit auditif ». Dans tous les cas, l’usage répété et systématique des bouchons d’oreille peut provoquer « une irritation du conduit auditif voire une otite ». Bien entendu, les bouchons en mousse réutilisables doivent être correctement nettoyés et renouvelés régulièrement. L’atténuation annoncée des bouchons standards est de l’ordre de 25 à 33 dB. Certains sont montés sur arceau, facilitant un usage intermittent au travail, d’autres sont adaptés à un usage particulier (musiciens, chasseurs).
Nathalie Le Goff
photo : Miguel Medina
À SAVOIR
Du sur-mesure ! Si aucune des solutions « prêt à porter » ne convient, on peut avoir recours à des bouchons d’oreille sur mesure, en résine ou en silicone, avec prise d’empreintes du conduit auditif externe par un audioprothésiste. Ils peuvent incorporer des filtres spécifiques en fonction du type de bruit, et leur efficacité est comparable à celle des bouchons standards. Mais leur coût, pouvant dépasser la centaine d’euros, est aussi un critère de choix. On l’aura compris, une prévention efficace est aussi une affaire de choix personnel et de bonne tolérance au dispositif : à chacun de trouver « chaussure à son pied » ou, plutôt, protection à son oreille !
L’usage répété et systématique des bouchons d’oreille peut provoquer une irritation du conduit auditif, voire une otite.