n°1213 octobre 2009
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Santé ORTHOPEDIE « Je fabrique des semelles sur mesure »
Proposer des semelles orthopédiques à l’officine : pourquoi pas ? Toutefois, un minimum d’équipement et de savoir-faire sont nécessaires pour concurrencer les podologues.
De l’enfant aux pieds plats à la personne âgée souffrant de déformations ou de callosités, sans oublier les utilisations spécifiques aux sportifs (roller, snowboard, patin à glace), les indications pour le port de semelles orthopédiques ne manquent pas. « Le plus souvent, c’est le médecin généraliste qui prescrit les semelles et la démarche la plus courante, pour les patients, est ensuite de se rendre chez le podologue. Il est moins habituel de demander à son pharmacien s’il peut fournir ce type d’article. Et pourtant, certains, comme moi, se sont formés dans ce domaine! », indique Jean-Philippe Frangeul, installé dans l’Essonne, qui a complété son DU d’orthopédie et de MAD par une formation spécifique délivrée par un laboratoire spécialiste de l’orthèse.   

Service de proximité
Pour ce titulaire, se former à l’appareillage en semelles orthopédiques correspondait à une envie de proposer un service complémentaire de proximité. « C’est important notamment quand on est situé dans une zone peu urbanisée : cela évite aux clients de se déplacer dans un centre de podologie ou chez le podologue qui peut être très éloigné du domicile. De plus, à l’officine, l’approche est différente : je prends du temps pour l’essayage, le client part avec ses semelles, revient, puis nous faisons le point », commente Jean-Philippe. Pour travailler dans ce domaine, ce pharmacien a acquis le matériel de base : un podoscope (photo ci-contre), un podographe, une petite meuleuse. Coût de l’investissement : environ 500 euros, plus le coût de la formation. « Dans un premier temps, j’effectue un examen podologique avec le podoscope qui me permet d’avoir une vision en rétroprojection des appuis au niveau du pied. » Puis intervient la prise d’empreintes, réalisée au moyen du podographe. « On peut ainsi étudier la marche, la position des pieds, des genoux. »  

Un travail artisanal
 L’étape suivante consiste à faxer l’examen podologique et l’empreinte au laboratoire, qui se charge ensuite de lui fabriquer le fond de semelle et les éléments correctifs. « Si le client éprouve une gêne lors de l’essayage, je prends la meuleuse et corrige les points qui posent problème. » La semelle est ensuite portée sans son recouvrement pendant 24 à 72 heures.
« Lorsqu’elle convient parfaitement, je finalise en collant le cuir de recouvrement. Cela peut se faire très rapidement mais dix à quinze jours sont parfois nécessaires pour trouver la semelle idéale ! » Même si cette activité lui prend du temps et « n’explose » pas son CA, Jean-Philippe Frangeul tire un véritable plaisir de ce travail très artisanal. S’il travaille essentiellement avec les articles traditionnels en cuir, il propose également des semelles thermoformées, « surtout utiles en pédiatrie, beaucoup moins chez les personnes âgées ». Leurs inconvénients : elles prennent plus de place dans la chaussure, les rectifications sont moins aisées à faire. Elles sont aussi plus chères. Avant de démarrer cette activité, un point reste important : se faire connaître auprès des médecins alentours. « Un geste de communication essentiel qui permet d’orienter les patients chez le pharmacien ! » 

Claire Grevot
Photo : Miguel Medina

La prise en charge  
• Les semelles sont des produits remboursés appartenant à la LPPR.  
• Le montant du remboursement est d’environ 30 € pour un total de 90 € la paire, voire 120 € si la semelle est thermoformée.  
• Le renouvellement est autorisé tous les six mois pour les enfants, et tous les ans chez les adultes. 
Image

Le podoscope, ici à éclairage fluorescent tangentiel, permet d’avoir une vision en rétroprojection des appuis au niveau du pied.