n°1203
septembre 2008
Santé
Incontinence
Fuites masculines
L’homme est moins touché par l’incontinence urinaire que la femme. L’incontinence masculine n’est cependant pas rare et souvent consécutive à une pathologie prostatique.
Dans la majorité des cas, l’incontinence masculine est le fait d’un regorgement dû à une hypertrophie de la prostate. Il existe cependant d’autres formes d’incontinence, certes moins fréquentes.
Incontinence par regorgement
Due à une fuite d’urine secondaire à une rétention chronique, elle peut être le résultat d’un dysfonctionnement vésical, d’une pathologie neurologique, d’un obstacle à l’écoulement des urines (principale cause). L’obstacle peut se situer à un ou plusieurs niveaux de l’urètre (prostate augmentée de volume, sténose urétrale, etc.). Conséquence : le muscle de la vessie devant se contracter fortement pour vaincre l’obstacle s’affaiblit progressivement, avec à terme l’impossibilité pour lui de se contracter pour éliminer les urines. Il s’ensuit une accumulation des urines dans la vessie, qui débordent vers l’urètre.
■ Symptômes : envies fréquentes d’uriner associées à de faibles jets d’urines, fuites d’urine par gouttes, impression de mal vider sa vessie.
Incontinence par impériosité
Egalement appelée incontinence par instabilité vésicale, elle est caractérisée par des contractions anormales de la vessie pendant son remplissage. Le sphincter urétral reste correctement fermé, mais la pression dans la vessie devient supérieure à la pression du sphincter urétral. Le verrou du sphincter urétral est donc forcé et l’urine peut sortir vers l’urètre et l’orifice urinaire. Une hypertrophie de la prostate en est souvent à l’origine.
■ Symptômes : fuite involontaire d’urine par le canal de l’urètre, accompagnée ou immédiatement précédée d’un besoin urgent et irrépressible d’uriner.
Incontinence d’effort
Elle est caractérisée par une faiblesse des muscles du périnée et du sphincter urinaire qui maintiennent fermée la vessie et empêchent naturellement les écoulements d’urine. Dans la majorité des cas, elle fait suite à la chirurgie prostatique (adénomectomie, prostatectomie, etc.).
■ Symptômes : pertes incontrôlées d’urine lors d’efforts, tels que rire, porter des charges, tousser, faire du sport.
Incontinence neurogène
Elle résulte de l’atteinte du système nerveux central et/ou périphérique. Dans le cadre des lésions centrales (section de la moelle, lésion tumorale ou vasculaire détruisant la moelle ou sclérose en plaque étendue), le réflexe mictionnel est conservé. En cas d’atteintes périphériques, la lésion peut bloquer l’arc réflexe mictionnel, atteindre le centre médullaire sacré ou des éléments du système nerveux périphérique (causes possibles : hernie discale ou diabète par exemple).
■ Symptômes : lésions centrales : hyperactivité de la vessie associant des mictions involontaires sans sensation de besoin, vessie qui se remplit et se vide automatiquement ; lésions périphériques : disparition des mictions (vessie acontractile) et de la sensation du besoin d’uriner.
Claire Grevot
Photo DR