n°1203 septembre 2008
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Actualité Portrait Un pharmacien sur le podium
Avec son coéquipier Nicolas Charbonnier, Olivier Bausset a offert à la discipline du 470 une nouvelle médaille olympique.
Chez les Bausset, pharma et voile sont inscrites dans les gènes. Le grand-père, pharmacien, a été cofondateur du club nautique de Sainte- Maxime, sa mère y est titulaire d’une officine, sa soeur est pharmacienne, son père possède un laboratoire de biologie et son frère travaille dans les bateaux. Dès l’âge de 6 ans, Olivier tire ses premiers bords sur un Optimist dans le golfe de Saint-Tropez. Olivier Bausset (à gauche) et Nicolas Charbonnier ont remporté le bronze à Pékin. Il s’engagera ensuite dans d’innombrables régates, passant bientôt au dériveur 470. A ces occasions, il se mesure à Nicolas Charbonnier, qu’il rencontre à Antibes. D’adversaires, ils deviennent les meilleurs amis du monde, et tenteront la sélection des JO d’Athènes en 2003. Loupé, mais ils ont attrapé le virus : nouvel objectif, Pékin 2008... Entre-temps, Olivier réussit le concours de l’internat à Marseille. Il entre dans un service hospitalier et pendant quatre ans va vivre une vie de... galérien : « mener de front des études de pharmacie et un sport de haut niveau, c’est un défi, un travail énorme et beaucoup de sacrifices. Heureusement, j’ai eu la chance que mes collègues acceptent de me remplacer, bien que cela n’ait pas toujours été facile de leur faire comprendre les enjeux, quand je revenais tout bronzé de compétitions en Floride ou en Australie ! » En 2005-2006, il effectue donc son internat « plus ou moins à mi-temps ». La Fédération française de voile le prend directement en équipe de France avec Nicolas ; ils participent aux championnats d’Europe et du Monde. A partir de la fin 2006, il se met en disponibilité. Il bénéficie alors d’une aide de 14 000 euros par an. « J’aurais mieux vécu comme interne », constate-t-il. Mais la passion et un entourage bienveillant font passer la pilule : le doyen de la faculté de Marseille et la direction de l’assistance publique le soutiennent.

Des synergies payantes

Sa réussite, Olivier l’attribue notamment à sa formation pharmaceutique. « De mes études, j’ai appris la rigueur et la méthode. De l’internat, le travail en équipe. » Ce disciple de Galien est d’ailleurs enrôlé pour soigner les plaies et bosses de l’équipe nationale de voile – le médecin n’étant pas toujours disponible – et pour tenir la trousse de pharmacie. Bref, pendant ces quatre années, Olivier n’a pas pris de vacances et il a mis entre parenthèses sa vie familiale. « Mais quand on passe la ligne d’arrivée, on oublie tout, c’est une expérience incroyable ! » Une expérience qui, pour lui, ne se reproduira pas. Son ami Nico poursuit l’aventure, mais Olivier, à 26 ans, arrête la compétition. « Vivre de la voile, c’est possible, mais aléatoire. Moi, j’ai la chance d’avoir un métier et la pharmacie m’intéresse ». D’autant qu’il a maintenant un autre défi à affronter : être papa. Et pour la première fois, il a le trac.

Jacqueline Machu  
Photo DR
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