n°1203 septembre 2008
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Actualité Recyclage Cyclamed fait du neuf avec du vieux
Nouvelle gouvernance, nouveaux projets, nouvelle communication… Après trois années noires, Cyclamed se repositionne et fait à nouveau parler d'elle.   
La page est bel et bien tournée : voilà en substance le message que souhaite faire passer Cyclamed, après trois années de tourmente suite au scandale des médicaments non utilisés (MNU) remis dans le circuit, en août 2004. Un scandale à l'origine du rapport de l'Inspection générale des affaires sanitaires en janvier suivant, qui clouait au pilori la pratique du recyclage humanitaire des MNU, vitrine de l'association. Depuis mars dernier, la collecte de médicaments non utilisés repart à la hausse.Depuis, celle-ci faisait profil bas, son volet caritatif ayant été supprimé par des dispositions législatives en février 2007. Mais au printemps dernier, Cyclamed a déployé un arsenal d'outils de communication adressés prioritairement aux professionnels de santé, mais aussi au grand public afin de remobiliser les patients, de valoriser l'image du pharmacien et de recentrer le message sur la dimension environnementale, énergétique et de santé publique. Depuis, la collecte repart à la hausse, et Cyclamed reprend du poil de la bête.

Dons encadrés

Pendant la mise entre parenthèses de l'association, le groupe de travail mis en place par le ministère de la Santé a réfléchi à une alternative à la revalorisation humanitaire de Cyclamed, ce volet prenant fin le 31 décembre prochain. Mais beaucoup reste à faire, même si l'arrêté ministériel du 19 août dresse la liste des bonnes pratiques en matière de dons de médicaments. Pour l'instant, rien n'est formellement organisé pour remplacer Cyclamed De la pure théorie, comme le déplore André Kuypers, président de la commission Exercice professionnel de la Fédération. « Pour l'instant, rien n'est formellement organisé pour remplacer Cyclamed. Aucun engagement gouvernemental n'est encore pris pour mettre en place un circuit de distribution du Leem aux organisations humanitaires. » La situation serait pourtant sur le point d'être débloquée... pour le Quart-monde, du moins. « Pour la France, PHI sera grossiste- répartiteur pour les associations caritatives. Cette proposition, qui a été retenue, est sur le point d'être entérinée », explique Jean-Marc Merle, président de PHI. Pour ce faire, l'ONG bénéficiera d'une subvention qui permettra l'achat direct aux laboratoires – en bénéficiant de tarifs préférentiels – afin de ravitailler les organismes caritatifs oeuvrant à l'échelle nationale. Quant au circuit de distribution de médicaments à destination du Tiers- Monde, la balle est dans le camp du ministère des Affaires étrangères.   

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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Les Dasri dans l’impasse
Si on reparle de la destruction des MNU, les modalités de celle des Dasri (les déchets piquants, coupants et tranchants) sont beaucoup plus énigmatiques. Et pour cause : la situation est toujours bloquée, le ministère de la Santé s'étant dessaisi de ce dossier au profit de celui de l'Environnement. Mais « Roselyne Bachelot tient à ce qu'ils ne soient pas ramassés à l'officine », souligne André Kuypers, qui rappelle que si la Fédération – comme l'Ordre et les syndicats de salariés des officines – est d'accord pour mettre à disposition des patients les boîtes de collecte, elle refuse d'effectuer le ramassage, qu'elle souhaite voir pris en charge par les mairies, « pour ne pas que le circuit propre rencontre le circuit sale ». Et ce d'autant que « la France compte 36 000 mairies et seulement 23 000 pharmacie ». Problème : l'Association des maires de France et le ministère de l'Environnement refusent que cette tâche incombe aux communes. Or, le Grenelle de l'Environnement prévoyait que cette question soit tranchée avant la fin de l'année…