Toutes les rubriques / Conseils de pharmacien / En cas d'urgence / Tampons et cups : éviter le choc toxique

Tampons et cups : éviter le choc toxique

Illustration Tampons et cups : éviter le choc toxique
L’utilisation de protections périodiques internes peut provoquer un choc toxique, potentiellement mortel. De quoi s’agit-il ? Comme le prévenir ? Voici toutes les explications pour être bien informé.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient de publier le résultat de ses évaluations complémentaires concernant la sécurité des protections intimes comme les tampons, serviettes hygiéniques et coupes menstruelles. Sa conclusion principale ? Les femmes utilisatrices de protections périodiques internes et les professionnels de santé ne connaissent pas bien le risque de syndrome de choc toxique (SCT) et ne sont pas suffisamment informés des moyens de le prévenir. A l’avenir, les marques vont devoir améliorer les notices de leurs produits à ce propos. Voici les informations à connaître pour prévenir le syndrome de choc toxique.

Qu’est-ce que le syndrome de choc toxique (SCT) ?

Le syndrome de choc toxique est également appelé choc toxique staphylococcique. Il s’agit d’une maladie infectieuse aiguë, peu fréquente, qui est causée par une bactérie : le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus). Elle est potentiellement mortelle.

Certaines souches particulières de cette bactérie produisent une toxine, appelée TSST-1 (toxic shock syndrom toxin-1). Lorsqu’une protection périodique interne est conservée dans le vagin pendant de nombreuses heures, les conditions sont réunies pour favoriser le développement des bactéries. Si des souches de ce staphylocoque doré particulier sont présentes, elles vont se développer, entrainant une forte production de toxines et le passage de cette toxine dans le sang à travers la muqueuse vaginale. Or, une fois dans le sang, cette toxine va provoquer une activation excessive du système immunitaire, puis une chute de la tension (hypotension), entraînant des défaillances multiples des différents organes. Cette réaction en cascade peut mener au décès.

Comment reconnaître le syndrome de choc toxique ?

Dans les 3 à 5 jours qui suivent la pose du tampon ou de la cup et le développement bactérien, la patiente va souffrir d’une sorte de syndrome grippal avec :

  • Fièvre,
  • Douleurs musculaires,
  • Hypotension artérielle,
  • Éruption cutanée ressemblant à celle d’une scarlatine,
  • Vomissements et diarrhée…

En cas de symptômes de ce type chez une jeune fille ou une femme portant un tampon ou une cup, il faut retirer immédiatement toute protection périodique interne et consulter très rapidement pour bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée.

Que faire en prévention du syndrome de choc toxique ?

Pour limiter le risque de syndrome de choc toxique, voici les recommandations à suivre :

  • Ne pas porter de tampon hygiénique ou de coupe menstruelle durant plus de 4 à 8 h (selon le produit et les informations indiquées par son fabricant),
  • Se laver les mains avec du savon (ou désinfecter les mains avec une solution hydroalcoolique) avant d’insérer la protection intra-vaginale et de l’enlever,
  • Désinfecter les coupes menstruelles avant chaque utilisation. Un simple lavage à l’eau ne suffit pas pour éliminer les éventuelles bactéries présentes dans le vagin et pouvant contaminer la coupe menstruelle,
  • Choisir les modèles de tampons ayant une absorption minimale correspondant aux pertes. Un modèle avec une trop forte capacité d’absorption sera laissé en place plus longtemps, faisant alors courir plus de risque à l’utilisatrice,
  • Ne pas mettre de tampon après la fin ou en dehors des règles,
  • Pour la nuit, si l’on préfère utiliser une protection interne, la mettre en place juste avant de se coucher et l’enlever dès le réveil,
  • Faire attention aux lésions ou irritations vaginales lors de l’utilisation de tampons. La présence de microlésions de la muqueuse vaginale augmente le risque de passage des toxines dans le sang.

N’hésitez pas à en parler avec votre pharmacien.

Publications Similaires