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Ail des ours : attention aux confusions avec des plantes toxiques !

Illustration - Ail des ours : attention aux confusions avec des plantes toxiques !

Adobe Stock - Par Cora Müller

Une personne est décédée après avoir consommé par erreur du colchique, une plante toxique ressemblant à l’ail des ours. Voici nos conseils pour sécuriser vos cueillettes.

Les centres anti-poisons tirent la sonnette d’alarme : la confusion entre l’ail des ours, comestible, et le colchique, toxique, est récemment à l’origine d’un décès.

En effet, l’ingestion de colchique peut provoquer des symptômes digestifs (vomissements, diarrhée) ainsi que des troubles du rythme cardiaque, un coma, voire un décès. Cet accident n’est malheureusement pas isolé : chaque année, les professionnels de santé dont les pharmaciens alertent sur les risques pris par les cueilleurs inexpérimentés ou imprudents.

Le toxique colchique (Colchicum autumnale) est fréquemment mis en cause, notamment en raison de sa ressemblance, pour des personnes non averties, avec le délicieux ail des ours (Allium ursinum) voire le méconnu poireau sauvage (Allium polyanthum). En effet, ces trois plantes poussent dans les mêmes zones et à la même période, c’est-à-dire dans les sous-bois de l’est de la France et de l’Occitanie, au printemps.

Pourtant, il est assez simple de différencier la plante toxique des deux autres si l’on connait les caractéristiques de chacun d’entre eux.

Différencier le comestible du toxique

Pour être certain de ne pas confondre l’ail des ours avec une autre plante potentiellement toxique, voici un résumé des caractéristiques des trois végétaux en question.

Comme le rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), « l'ail des ours est une plante sauvage comestible, haute de 15 à 40 cm à maturité, qui présente une odeur caractéristique d'ail, notamment lorsque l’on froisse ses feuilles. Ses fleurs en forme d’étoile et son bulbe allongé sont de couleur blanche. Les feuilles sont plus ou moins brillantes, ovales et pointues, portées par des tiges. Cette plante pousse souvent en grands tapis dans les sous-bois frais, les fonds de vallons ombragés et humides ou le long des ruisseaux. Les feuilles apparaissent en février-mars et les fleurs d'avril à début juin. La période de la récolte se termine avec les premières fleurs ». Il est comestible.

Le poireau sauvage ressemble beaucoup à un poireau cultivé, en beaucoup plus frêle. C’est une plante qui se plait dans les vignobles, mais peut également se trouver dans les prés et jardins, généralement au pied des arbres. Son bulbe est blanc, avec une caractéristique intéressante à connaître : il porte de petites boules, appelées bulbilles, autour du bulbe principal. Il fleurit entre juin et juillet. Cette plante est comestible.

Le colchique, lui, possède des feuilles plus rigides, sans tige. Elles sont « charnues, à bout rond et semblent sortir directement de terre, précise l’Anses. Son bulbe est rond et foncé. Au printemps, elle ne porte pas de fleurs : ces dernières, violettes, apparaissent en automne ». Et le plus important : toutes les parties de la plante sont toxiques !

Pour cueillir sans erreur

L’Anses a listé 5 conseils à suivre pour cueillir de l’ail des ours en toute sécurité :

  • ne cueillez pas les feuilles par brassées mais sélectionnez chaque brin. Cela vous évitera de cueillir plusieurs espèces sans vous en rendre compte et de mélanger plantes toxiques et comestibles ;
  • vérifiez la présence d’une odeur d’ail au froissage de chaque feuille ;
  • au moindre doute, ne consommez pas votre cueillette ;
  • photographiez la plante avant de la consommer afin de faciliter l’identification en cas de symptômes d’intoxication ultérieurs ;
  • stoppez immédiatement votre repas si vous constatez un goût amer ou désagréable.

Au moindre doute après ingestion ou en présence de symptômes notamment digestifs (nausées, vomissements, diarrhée) dans les heures suivant la consommation d’un plat avec de l’ail des ours ou du poireau sauvage, contactez sans délai un centre antipoison.

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