Dans un rapport de pharmacovigilance publié début janvier, l’Agence du médicament (ANSM) confirme que les nouveaux traitements du diabète et de l’obésité, les analogues du GLP-1 (aGLP-1), présentent plus de bénéfices que de risques pour les patients lorsqu’ils sont utilisés sur prescription médicale et à bon escient, et non à des fins esthétiques pour perdre du poids comme ils le sont parfois.
Effets indésirables déjà connus…
L’enquête nationale de l’ANSM, réalisée entre 2023 et 2025, a porté sur plusieurs traitements de la famille des aGLP-1 : ceux qui ont une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour soigner le diabète de type 2, à savoir Trulicity, Victoza, Xultophy et Ozempic ; et Saxenda, Wegovy et Moujaro, qui le sont dans la prise en charge de l’obésité. Cette enquête a permis de mettre en évidence que les effets indésirables de ces médicaments les plus fréquemment observés sont déjà connus et renseignés dans les notices, indique l’ANSM. Il s’agit principalement des nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales…
… ou pas
Des risques de carences nutritionnelles (déficit en fer, en vitamine B1, ou perte de masse musculaire importante) liées à un amaigrissement rapide sont toutefois apparus lors de cette enquête. Ils « nécessitent des investigations complémentaires et font l’objet d’une surveillance renforcée », ajoute l’ANSM dans son communiqué. Le rapport relève également de « rares cas d’exposition pendant la grossesse, sans mise en évidence de risques pour la mère ou pour la santé du bébé, à ce stade ». Toutefois, le peu de données disponibles sur l’utilisation de ces médicaments chez les femmes enceintes suffit à les déconseiller en cas de grossesse, ou à les interrompre en cas de de découverte d’une grossesse, souligne l’Agence.
Accidents en cas de mésusage
Le rapport de l’ANSM pointe également une augmentation des cas d’effets indésirables liés à un mésusage destiné à faire maigrir. 36 cas ont été recensés dont 25 graves. La majorité de ces cas concernent des médicaments obtenus par un proche, à l’étranger ou sur internet, sans prescription médicale. Ils se sont manifestés par des vomissements sévères conduisant à une hospitalisation, un coma hypoglycémique et plusieurs pancréatites aigües. Aussi l’ANSM appelle-t-elle à la vigilance et insiste sur le fait que les aGLP-1 ne sont pas des produits ordinaires, qu’il est indispensable de respecter la prescription du médecin, et que les utiliser en dehors de leurs indications ou du cadre légal expose à des risques graves pour la santé. L’augmentation de ces cas de mésusage a suscité la mise en place, par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), d’un formulaire d’accompagnement des prescriptions. Le patient doit le présenter en pharmacie pour que son traitement puisse lui être délivré. Mi-janvier la Cnam s’est réjouie de l’efficacité de ce dispositif, qui a permis de diviser par 10 le taux de mésusage du seul Ozempic.