« Si vous êtes traité(e) par un ou plusieurs médicaments prescrits pour la maladie de Parkinson, le syndrome des jambes sans repos ou l’hyperprolactinémie (excès de prolactine dans le sang - NDLR), il est essentiel de connaître leurs effets indésirables afin de prendre les mesures nécessaires, le cas échéant », explique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). En effet, ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires « parfois graves et méconnus des patients et de leur entourage ». C’est pourquoi l’Agence profite de la réactualisation de sa brochure d’information sur le sujet – téléchargeable sur son site – pour communiquer sur ces risques.
Comportements compulsifs
Ces médicaments sont dits dopaminergiques puisqu’ils visent à compenser un déficit en dopamine, une molécule produite par les neurones qui est essentielle au contrôle des mouvements, de l’humeur et des émotions. Mais s’ils soulagent des symptômes parfois invalidants, leur utilisation « même à faible dose ou après plusieurs années de traitement » appelle à une grande vigilance. Ainsi, certains patients peuvent développer des comportements obsessionnels, difficiles à contrôler, avec des répercussions parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle. Ils peuvent se manifester par une addiction aux jeux d’argent, des achats compulsifs inutiles, une consommation excessive de nourriture dans un temps très court, une hypersexualité (pulsions accrues parfois associées à des conduites inappropriées ou dangereuses), des agissements répétitifs, hostiles, agressifs ou violents. « Ces effets peuvent survenir progressivement, sans que le patient en ait toujours conscience », relate l’ANSM.
Signaler sans honte
Dans ce contexte, la brochure qu’elle vient de réactualiser détaille les médicaments concernés, leurs indications, les effets indésirables et les précautions à prendre. Surtout, elle propose une série de questions visant à identifier des modifications de comportement qui doivent alerter. Enfin, elle recommande aux patients sous dopaminergique de bien respecter la posologie de leur traitement (horaires de prise, doses), de ne pas hésiter à impliquer leurs proches et à signaler « rapidement et sans honte tout comportement inhabituel à votre médecin, pharmacien, ou tout professionnel de santé intervenant dans votre prise en charge ».