L’eczéma est une maladie qui va parfois jusqu’à empêcher de sortir, dormir, manger ce que l’on veut, faire du sport, se parfumer, etc. Et lorsque l’on est atteint de cette maladie complexe et affichante, qui affecte durablement la qualité de vie et l’image de soi, on ne peut pas s’empêcher de se gratter ou d’y penser. Autant d’aspects souvent méconnus et incompris de l’entourage, qui ne perçoit pas toujours la réalité physique et psychologique de cette maladie inflammatoire. Aussi l’Association française de l’eczéma (AFE) a-t-elle lancé mi-avril une campagne qui vise à sensibiliser à toutes les contraintes, les renoncements, les désirs contrariés auxquels les patients sont confrontés dans leur vie quotidienne. Elle mettra plus particulièrement en lumière les fardeaux de l’eczéma lors de la 12e journée nationale de l’eczéma le 6 juin.
Risque suicidaire
En forte croissance dans les pays industrialisés, cette pathologie cutanée, qui peut prendre des formes cliniques variées, affecte en France 2,5 millions d’adultes de plus de 15 ans, 850 000 enfants de 6 à 11 ans, et 700 000 enfants de 12 à 17 ans. Ses conséquences sont nombreuses, à tout âge, et dans tous les domaines : elle perturbe le sommeil de plus d’un patient adulte sur 2 plus de 5 nuits par semaine, de 30% des adolescents et de 22 % des enfants. Elle gêne la vie sexuelle de 70 % des patients. Par ailleurs, le risque dépressif concerne 40 % des femmes atteintes d’eczéma atopique et 30 % des hommes. Plus d’un tiers des enfants et des adolescents déclarent s’être sentis tristes en raison de leur eczéma au cours des sept derniers jours. De fait, selon des chiffres publiés par l’AFE en février 2026, l’eczéma atopique accroit le risque de pensées suicidaires : 40 % des adultes déclarent en avoir déjà eues versus 9,6 % pour la population témoin. Parmi les facteurs associés à un risque suicidaire accru, arrivent en tête la sévérité de la maladie et les sensations de brûlures cutanées. S’agissant des répercussions sur la vie professionnelle, 17 % des patients disent avoir déjà été victimes de discriminations à l’embauche en raison de leur eczéma, quand 15 % des enfants atopiques rapportent subir des moqueries à l’école au moins une fois par semaine.
Composer au quotidien
A l’occasion de la journée nationale du 6 juin, des conférences-débats gratuites et ouvertes aux patients, aux proches, mais aussi aux professionnels de santé, auront lieu à Paris et à Lyon, et des ateliers seront organisés à Saint Martin d’Uriage. Animés par des dermatologues, des psychologues, des patients-experts, les échanges porteront notamment sur la santé mentale, en abordant la question de l’impact de la maladie sur le psychisme, la façon d’en parler aux autres, ou la construction d’une bonne image de soi. Mais d’autres aspects tels que la conciliation avec la vie de famille, la pratique du sport, le choix des vêtements ou du maquillage, ainsi que les traitements actuels et à venir seront également traités.
L’ensemble des animations auront lieu le samedi 6 juin en divers endroits : à Paris de 9h15 à 15h30, au Cyclone le studio, 16-18 rue Vulpian, Paris 13e ; à Lyon de 13 à 17h, à la faculté de médecine Lyon sud, 165 chemin du grand Revoyet, à Pierre-Bénite (Rhône). L’accès se fait sur inscription sur le site associationeczema.fr. Une retransmission en ligne, sur inscription également, des échanges de la matinée se déroulant à Paris, est prévue. Des ateliers se dérouleront également à Saint-Martin-d’Uriage (Isère), au centre thermal d’Uriage, sur inscription.