Le tramadol en boites plus petites

Le tramadol en boites plus petites

Par Graphicroyalty

Afin d’en limiter les mauvais usages, les pharmaciens doivent délivrer en priorité de nouvelles présentations de tramadol contenant moins de comprimés.

De nouvelles boîtes de tramadol, par 10 ou 15 comprimés, plus petites que le format habituel par 30 unités, sont désormais disponibles en pharmacie. Et c’est ce petit conditionnement que le pharmacien vous délivrera prioritairement, sur recommandation de l’Agence du médicament et des produits de santé (ANSM), en cas de prescription d'un traitement de courte durée. Les boîtes de 30 comprimés, qui restent sur le marché, seront dorénavant réservées aux traitements longs. L’arrivée de ces nouvelles boîtes plus petites correspond à une demande faite par l’ANSM aux laboratoires pharmaceutiques, en janvier 2023, afin de limiter le mésusage.

 

Pas pour soigner un mal de tête

Le tramadol est une molécule de la famille des opioïdes. C’est une substance pyschoactive, c’est-à-dire agissant sur le fonctionnement du cerveau, aux propriétés analgésiques, qui suppriment ou atténuent la sensibilité à la douleur). Il est notamment présent dans les spécialités suivantes : Topalgic LP (Sanofi), Contramal LP (Grünenthal), Monoalgic (Sanofi), Monocrixo (Therabel Lucien Pharma), Takadol (Expanscience), Zamudol (Mylan), Zumalgic (X.O) et leurs génériques. Il est utilisé pour soulager certaines douleurs modérées à intenses. Il n’est donc pas indiqué, par exemple, pour traiter les migraines et autres maux de tête.

 

Protéger les patients et les proches

Comme tous les médicaments de la famille des opioïdes, le tramadol expose les patients qui le consomment à des risques d’abus, de mauvais usage, de dépendance et de surdosage, indique l’ANSM. Ces risques interviennent plus particulièrement lorsqu’il est utilisé à des doses supérieures aux doses recommandées, ou sur une durée prolongée. Mais aussi lorsqu’il est pris en dehors de ses indications (par exemple pour réduire l’anxiété, comme sédatif pour mieux dormir). Ces risques sont également encourus par les patients l’utilisant pourtant aux doses recommandées et/ou sur une courte période. Depuis plusieurs années déjà, l’Agence du médicament est soucieuse de lutter contre ces risques. C’est ainsi qu’en 2020 elle avait limité le traitement à 12 semaines maximum (contre 52 initialement).

Mais malgré la baisse du nombre de prescriptions, l’ANSM s’inquiète que les centres de pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) observent une augmentation des signalements. Lors de leur dernière enquête, 116 cas graves ont été relevés. Aussi « diminuer le nombre de comprimés dans les boîtes vise à réduire le risque d’utilisation prolongée, et donc d’abus et de dépendance. Cette mesure limite également les possibilités de stockage familial, et donc de risques pour les proches », estime l’instance sanitaire.

 

Syndrome de sevrage

Par ailleurs, il reste impératif que les patients respectent la dose et le nombre de prises indiqués sur l’ordonnance, ainsi que l’intervalle entre les prises et la durée du traitement. La dépendance au tramadol peut en effet entraîner des symptômes de sevrage en cas d’arrêt brutal du traitement (nervosité, agitation, anxiété, insomnie, tremblements, transpiration, sensation de manque, diarrhée, et plus rarement hallucinations et attaques de panique) qui peuvent conduire un patient à prolonger ses prises alors qu’il n’a plus de douleur, ou alors qu’elle est légère. Les patients doivent donc l’arrêter progressivement.

L’ANSM rappelle également l’importance de conserver son traitement dans un endroit clos et non accessible aux enfants, et de ne jamais proposer son traitement de tramadol à une personne de son entourage même si elle semble présenter des symptômes similaires. En cas d’ingestion par un adulte ou un enfant à qui il n'était pas destiné, un seul réflexe à adopter : contacter immédiatement un service d’urgence.

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