Les pharmacies au secours des Urgences

Les pharmacies au secours des Urgences

par DC Studio

Une étude inédite montre qu’en recevant les patients sans rendez-vous pour de petites urgences, les pharmacies contribuent à désengorger les services d’urgence.

Ce n’est un mystère pour personne que les urgences hospitalières sont submergées. En 2023, 21 millions de passages ont été dénombrés sur le territoire. Pour la première fois, une enquête menée par l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens Grand-Est a cherché à mettre en lumière la place des officinaux lorsqu’ils assurent un rôle de premier recours face à des demandes de soins urgents, non prévus. Il ressort de cette étude baptisée PhORGE et menée fin 2025 auprès de 127 officines volontaires (sur les 20 000 que compte le territoire), que grâce à leur capacité de prise en charge immédiate et sans rendez-vous des patients, elles permettent de soulager les services d’urgences. Ainsi, un quart des pharmacies estiment recevoir 10 demandes de soins non-programmés par jour, et un tiers d’entre elles en déclarent 5. Au total, en six semaines, les pharmacies répondantes ont comptabilisé près de 5 000 demandes.

Orienteurs de premier plan

L’enquête confirme par ailleurs le rôle d’orientation non négligeable joué par les pharmaciens. Dans neuf cas sur dix, ces derniers ont évité aux patients de se rendre à l’hôpital, les rassurant sur l’absence de gravité et recommandant un retour à domicile. Dans moins d’un cas sur dix, les patients ont été adressés vers le médecin traitant. Et c’est seulement 1% des demandes de soins non-programmés qui ont été réorientées vers un service d’urgence en pneumologie, ophtalmologie et traumatologie.
Les patients, de tous âges, étaient en grande majorité (80%) connus de l’officine. Les motifs de leurs visites concernaient en premier lieu des problématiques d’ordre ORL (28%), suivies de questions dermatologiques (15%) et digestives (11%). Les demandes de soins non programmés ont donné lieu à des conseils dans plus de 9 cas sur 10, à une délivrance de produits dans plus de 8 cas sur 10, et à des actes techniques moins d’une fois sur 10. En moyenne, la durée de prise en charge s’est élevée à 8 minutes.

Une reconnaissance à améliorer

Autre enseignement de cette étude : elle démontre que les pharmacies sont un rempart face à la désertification médicale. En effet, ce sont dans les zones où l’accès à un médecin est le plus compliqué que les demandes de soins non programmés sont deux fois plus nombreuses. « Là où le médecin se raréfie, la pharmacie, elle, reste ouverte », note l’URPS Pharmaciens Grand-Est dans son communiqué. Pour autant, les pharmaciens mobilisés s’estiment trop peu ou pas formés aux soins urgents : 71% d’entre eux déclarent ne pas avoir bénéficié de formation dédiée. Aussi se déclarent-ils de façon quasiment unanime (98%) favorables à une meilleure structuration et valorisation de cette mission au quotidien.

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