On peut mourir de peur

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Cette expression correspond-t-elle à une réalité médicale ?

Un grand cri d’effroi, puis un corps qui s’effondre, sans vie. Le cinéma, surtout dans sa catégorie horrifique, n’est pas avare de ce genre de scènes. Fort heureusement, la réalité est tout autre et une bonne grosse peur n’a, en réalité, jamais tué personne. Mais il existe en effet des cas répertoriés de personnes qui ont bel et bien succombé à ce pic de stress. Car, conséquence de la peur, c’est alors le stress intense le vrai coupable.

Arythmies fatales

Réaction neurophysiologique, la peur est activée au niveau cérébral par une zone particulière appelée l’amygdale. Celle-ci envoie un signal au système nerveux qui déclenche la libération dans le sang de différentes molécules que sont l’adrénaline, la noradrénaline ou encore la dopamine.

En quelques secondes, le rythme cardiaque s’accélère, la pression artérielle augmente et la glycémie s’élève. Un état qui, dans l’immense majorité des cas, s’estompe naturellement une fois la frayeur passée. Mais dans certaines situations et pour certains individus porteurs de pathologies, notamment cardiovasculaires, le système s’emballe et ne parvient pas à recouvrer son équilibre. Le cœur est alors victime d’une instabilité électrique provoquant des arythmies. Ces modifications du rythme de contraction du muscle cardiaque sont potentiellement mortelles.

Cœur brisé

Une autre manifestation pouvant faire suite à un stress majeur a été décrite par des médecins japonais à la fin des années 1970 : le syndrome du cœur brisé ou takotsubo. Dans ces cas, l’un des ventricules cardiaques se contracte fortement et prend la forme d’une amphore semblable à celle utilisée au Japon pour piéger les poulpes et qui est désignée dans ce pays par le nom takotsubo. Cette maladie cardiaque, entièrement réversible si la personne survit à la phase aiguë, est le plus souvent déclenchée par une émotion forte et négative, comme une terreur ou un traumatisme. Pour autant, elle a également été diagnostiquée après des joies extatiques, notamment lors d’événements sportifs.

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