Attention à l'exposition au cadmium

Attention à l'exposition au cadmium

par eleonimages

L’Anses réitère ses mises en garde contre les effets dangereux pour la santé de la surexposition à ce métal toxique.

Il est urgent d’agir pour réduire le niveau d’exposition des Français au cadmium. Telle est la teneur de l’alerte lancée fin mars par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle intervient à la suite d’une nouvelle expertise menée par l’instance sanitaire, confirmant une surexposition de la population française à ce métal toxique par l’alimentation. L’Anses avertit également qu’une part croissante de la population risque d’être confrontée aux possibles effets néfastes pour la santé de cette surexposition, si aucune action n’est entreprise.

Des sols à l’assiette

Cela fait une quinzaine d’année que les travaux de l’Anses (troisième étude de l’alimentation totale EAT3 ; étude nationale de biosurveillance ESTEBAN ; expertise de l’Anses publiée en 2026) mettent en évidence une augmentation constante de l’exposition de la population française au cadmium. L’expertise de 2026 confirme que les Français ont un niveau d’exposition à cette substance qui dépasse les valeurs sanitaires repères (dans le sang et les urines, par tranche d’âge) fixées.
L’alimentation, qui représente 98% de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse, est la principale voie d’exposition humaine. Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire d’exposition.

Naturellement présent dans les roches à partir desquelles se forment les sols, le cadmium voit également sa présence dans les sols augmenter du fait des activités humaines, et notamment, en agriculture, de l’épandage de matières fertilisantes comme les engrais minéraux phosphatés. « En France, leur utilisation importante, associée à certaines sources d’approvisionnement pouvant présenter des teneurs élevées en cadmium, contribue à l’accumulation de ce métal dans le sol », indique l’Anses. Le cadmium pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et contamine ainsi la chaîne alimentaire.

Blé et céréales en première ligne

Les aliments qui contribuent le plus à notre exposition au cadmium sont potentiellement consommés quotidiennement. Il s’agit des aliments à base de blé et de céréales : céréales du petit-déjeuner, pain, biscottes et pains grillés, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blés raffinés. Les pommes de terre et certains légumes sont également concernés. Le chocolat, bien que plus contaminé, est consommé de façon occasionnelle. Il contribue donc moins à notre exposition globale que des aliments moins contaminés mais consommés quotidiennement. En outre, les aliments issus de l’agriculture biologique ne permettent pas, à eux seuls, d’éviter l’exposition au cadmium car certains engrais minéraux phosphatés sont autorisés dans ce mode de production.

Des pistes d’action

Reconnu comme cancérogène – on le suspecte d’être à l’origine de certains cancers comme celui du pancréas, de la vessie, de la prostate, ou du sein -, mutagène et toxique pour la reproduction, le cadmium est faiblement éliminé par l’organisme : il s’accumule donc. En cas d’exposition quotidienne, il peut entraîner des atteintes rénales et osseuses (fractures et ostéoporoses), des effets sur le neurodéveloppement et sur le système cardiovasculaire. Aussi l’Anses recommande-t-elle, à titre individuel, de limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés et d’introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes. Elle milite également pour limiter la quantité de cadmium dans les fertilisants, qu’il s’agisse d’engrais industriels ou naturels.

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