Entre le début de l’année 2025 et avril 2026, 500 signalements d’intoxications liés à la consommation de cannabinoïdes de synthèse (CS) à forte toxicité ont été déclarés auprès des Centres de pharmacovigilance. Cette consommation se fait par le biais de vapotage de e-liquides (inodores et incolores) parfois présentés comme licites (« CBD », e-liquides) mais contenant des CS à forte. La direction générale de la santé (DGS) a décidé d’en alerter spécifiquement les professionnels de santé début juin, mais cette alerte concerne aussi le grand public, car le nombre de cas est en augmentation, principalement chez les adolescents, notamment de sexe masculin, qui sont concernés à plus de 70% par les signalements. De plus, ces cas se distinguent par leur gravité (à 71%) et deux décès sont à déplorer.
Action décuplée
Les CS sont des substances chimiques qui imitent les effets du tétrahydrocannabinol (THC), le principal constituant psychoactif présent dans les fleurs de cannabis. Toutefois les CS ont des effets plus puissants que le cannabis. Ils sont communément nommés « PTC » (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, K2. Ils sont souvent difficilement identifiables lors de prélèvements sanguins et/ou urinaires. Ils peuvent être identifiés dans le e-liquide récupéré et analysé.
Difficile diagnostic
S’agissant des manifestations de ces intoxications, la DGS relève qu’elles sont « variées et peu spécifiques ». Elles peuvent associer des troubles neurologiques (agitation, confusion, convulsions, altération de la conscience pouvant aller jusqu’au coma), psychiatriques (hallucinations, attaque de panique, idées suicidaires, signes de sevrage), des troubles cardiovasculaires (tachycardie, douleurs thoraciques, mais aussi bradycardie, troubles du rythme ou collapsus) et des manifestations digestives (nausées, vomissements). Tous ces éléments mêlés retardent parfois l’identification de l’exposition aux CS. Aussi est-il primordial que la prise en charge médicale se fasse de façon urgente en présence de signes de gravité ou d’une situation clinique préoccupante. La DGS rappelle en outre l’importance de signaler tout cas suspect ou confirmé sur le PSIG (Portail de signalement des événements sanitaires indésirables).