Tout a commencé début décembre 2025, avec le rappel de lots de laits infantiles commercialisés par Nestlé, à la suite d’autocontrôles réalisés sur un lot non commercialisé. La présence de céréulide, une toxine, produite notamment par une bactérie nommée Bacillus cereus, y a été détectée. Cette toxine est susceptible de provoquer diarrhées et vomissements. La céréulide aurait contaminé une huile riche en acide arachidonique (ARA), ingrédient source d’oméga 6 qui entre dans la composition de certains laits infantiles. Les lots de laits incriminés présentent la particularité d’avoir été tous produits par des fabricants industriels qui se sont procurés cette huile ARA auprès d’un même fournisseur chinois.
Alertes croissantes
Les rappels, d’abord effectués de façon isolée et discrète – un seul lot de lait Guigoz rappelé en France le 11 décembre - , se multiplient depuis début janvier 2026 et sont devenus internationaux. Ils se sont étendus à d’autres industriels tels que Lactalis (marque Picot), Danone (marques Dumex, Gallia, Bledina), Vitagermine (marque Babybio). Plus de 800 références sont dorénavant concernées chez Nestlé (les marques Nidal et Alfamino sont venues s’ajouter à Guigoz).
En outre, depuis la mi-janvier, plusieurs signalements de bébés malades ont été faits auprès d’autorités sanitaires de différents pays. Et deux enquêtes ont été ouvertes en France pour des décès de bébés ayant consommé des laits Guigoz. Pour l’heure, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation de lait infantile, possiblement contaminé, et les bébés malades et décédés.
Dans un communiqué publié fin janvier, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) indique que les consommateurs sont invités à cesser immédiatement de consommer les laits concernés par la procédure de rappel, même en l’absence de symptômes, et de procéder eux-mêmes à leur destruction. Les fabricants demandent aux consommateurs de ne pas rapporter les produits en point de vente et leur proposent un remboursement. En présence de symptômes évocateurs d'une intoxication, les consommateurs doivent effectuer un signalement sur le portail officiel signal.conso.gouv.fr (en précisant la marque, le numéro de lot et si un professionnel de santé a été consulté) et demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien, sage-femme…) ou contacter le 15 en cas d’urgence.
Les pharmaciens en première ligne
Pour la bonne information des consommateurs, les pharmacies sont tenues d’afficher de façon visible, au sein de l’espace de vente mais aussi sur leur site internet, les marques rappelées qu’elles commercialisent. Elles ne sont pas obligées de le faire pour les autres marques. Attention : les lots de laits retirés du marché ne sont pas nécessairement commercialisés en officine, précise la FSPF. Les pharmaciens sont néanmoins en mesure de répondre aux questions de leurs clients inquiets qui viendraient chercher conseil à propos d’un lait, même s’il a été acheté ailleurs.
Si les retraits-rappels ont été effectués de manière volontaire par les industriels, la direction générale de l’alimentation (DGAL) a toutefois décidé de superviser la bonne mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures, étant donnée l’ampleur de l’alerte, et son caractère évolutif. Elle a notamment effectué des contrôles, dans tous les circuits de distribution, pharmacies comprises. Elle recense par ailleurs sur son site rappel.conso.gouv.fr (rubrique aliments pour bébés), les laits faisant l’objet d’un rappel. Seuls les lots référencés sur ce site sont concernés par les rappels. « Tous les autres produits, ainsi que les autres lots de ces mêmes produits, peuvent être consommés en toute sécurité », indique RappelConso. Il est conseillé de s’y référer régulièrement car de nouvelles marques pourraient faire l’objet de rappels dans les jours à venir. En effet, par mesure de sécurité, la France vient d’abaisser le seuil de présence de céréulide autorisé dans les laits pour bébés.