Chaque année plusieurs milliers de médicaments et autres produits de santé, non utilisés, sont détruits. Or la production et l’élimination de ces produits contribuent à alimenter pour moitié la quantité de gaz à effets de serre émis en France par le système de soins. Les destructions inutiles, si elles étaient évitées, réduiraient cet impact environnement et limiteraient le gaspillage, tout en concourant par ailleurs à lutter contre les pénuries qui touchent fréquemment le secteur pharmaceutique. C’est pourquoi l’Agence du médicament (ANSM) a lancé le programme « Longue vie aux médicaments », qui vise à réévaluer la durée de conservation des médicaments pour les allonger, tout en conservant leur efficacité et sécurité. Fin août, elle a annoncé que quatorze laboratoires pharmaceutiques ont répondu positivement à son appel à participer à une phase pilote, qui accompagnera les industriels dans leur réexamen de la durée de vie de 73 médicaments.
Quatre ans versus deux
Figurent parmi eux des traitements très utilisés à base de paracétamol, d’amoxicilline, de lévothyroxine, de mélatonine, de lithium, de morphine, de baclofène... A l’heure actuelle, la majorité des médicaments autorisés en France ont une durée de conservation (c’est-à-dire la période pendant laquelle ils peuvent être utilisés en toute sécurité et avec une efficacité garantie) de 2 à 3 ans. Seuls 10 % d’entre eux atteignent 5 ans. L’ANSM a d’ores et déjà indiqué que 47 des 73 médicaments devraient atteindre une durée de conservation d’au moins 4 ans. Lors de la COP30 qui s’est déroulée à Belèm (Brésil) en 2025, la France a réaffirmé son engagement en faveur d’une santé plus respectueuse de l’environnement. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de l’ANSM.