L’Agence du médicament (ANSM) a indiqué mi-juillet avoir suspendu l’activité de quatre sites internet commercialisant de faux analogues du GLP-1. L’engouement suscité par les analogues du GLP-1 (aGLP-1), ces nouveaux traitements de l’obésité et du diabète, convoités par certains patients pour leur efficacité en tant que coupe-faim à des fins esthétiques, suscite le développement de sites frauduleux vendant des produits contrefaits.
Danger pour la santé
Les produits identifiés par l’ANSM comme problématiques prétendaient être les médicaments Mounjaro, Ozempic, Wegovy. Ils contrefaisaient également trois autres traitements en cours de développement par le laboratoire Lily, toujours contre l’obésité et le diabète : le rétatrutide, une nouvelle thérapeutique injectable ; du GIP, une hormone intestinale ; et du glucagon, une hormone qui augmente le taux de sucre dans le sang. Tous se présentaient sous une forme injectable, qui « pourrait laisser croire au consommateur moyennement avisé qu'il serait en présence de médicaments », estime l’ANSM dans sa décision. L’instance reproche également aux sociétés qui les proposaient à la vente de ne pas disposer d’autorisation de mise sur le marché, et de n’apporter aucune garantie quant à « la provenance, la qualité, l’efficacité et la sécurité de ces produits vendus sur internet, en dehors du circuit pharmaceutique autorisé et contrôlé par les autorités sanitaires ». Autant d’éléments qui les rend « susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine », juge-t-elle.
Nécessaire mise en conformité
Les quatre sites concernés par la décision de suspension de l’ANSM sont synedica.com, synedica.io, azentra.bio et azentraresearchlabs.com. Ils étaient édités par les sociétés Synedica Laboratories et AZRL LTD. Synedica se présentait comme étant, selon les supports, soit allemande, soit américaine, soit britannique, et ses sites étaient accessibles en français, anglais et portugais. Les vitrines commerciales d’AZRL la présentaient comme étant de nationalité allemande ou néerlandaise et étaient éditées en français, néerlandais et turc. Les quatre sites ont l’obligation de retirer leurs produits « dans les meilleurs délais », et sont invités à les mettre en conformité s’ils veulent pouvoir reprendre leurs activités commerciales que sont la mise sur le marché, la distribution, la détention, l’importation, l’exportation,la publicité, etc. Déjà l’an dernier, l’ANSM avait pris des sanctions similaires à l’encontre de sept sites internet détenus par deux sociétés hong-kongaises.