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Le dérivomètre : repérer les pratiques de santé à risque

Le dérivomètre : repérer les pratiques de santé à
Le ministère de la Santé propose un outil pour aider chacun à identifier les signaux d'alerte qu'il pourrait rencontrer dans le cadre de pratiques non conventionnelles en santé.

Les termes de médecines alternatives ou complémentaires, parfois également appelées médecines douces ou naturelles, recouvrent des pratiques très variables « tant par les techniques qu’elles emploient que par les fondements théoriques qu’elles invoquent », comme l'explique le ministère de la Santé. Leur point commun « est qu’elles ne sont ni reconnues, au plan scientifique, par la médecine dite conventionnelle, ni enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé ». Il s'agit par exemple de l'hypnose, de l'auriculothérapie, de l'acupuncture, du crudivorisme, du jeûne extrême et du respirianisme… Tous ces termes désignent des pratiques non conventionnelles en santé (ou PNCS). On notera qu'elles sont parfois proposées par des professionnels de santé ayant souhaité se former à leur approche : dans ce cas, la formation initiale du professionnel ne doit pas faire croire que la PNCS est forcément sans risque : la vigilance reste de mise.

Avoir des repères en tête

Face à la multiplication des offres d’accompagnement et des pratiques proposées en matière de santé, il n'est pas toujours simple d'évaluer la pertinence des PNC qui sont proposées, de savoir à qui faire confiance ou encore d’identifier les situations qui doivent susciter de la méfiance. Pour cela, les équipes de la Direction générale de la santé ont développé le Dérivomètre, un outil pédagogique, simple et concret qui établit trois niveaux de vigilance : des situations sont présentées selon une graduation allant du jaune au rouge afin de savoir si vous ou vos proches êtes dans une situation à risque, et de vous indiquer vers qui vous orienter pour demander de l’aide.

Par exemple, si le praticien consulté :

  • Tient un discours pseudo-scientifique, ésotérique, mystique, en lien ou non avec votre état de santé (parle d’énergie quantique, vibratoire, etc.)
  • Est critique à l’égard de la science et de la médecine : discrédite certaines pratiques médicales (traitement du cancer, du diabète, etc.)
  • Fait la promotion de son activité par différents moyens : démarchage (courriel, téléphone, etc.), recours à des témoignages vantant sa pratique, achat de produits ou appareils vantés miraculeux en complément de soins, proposition de séances gratuites, inscription à des stages.
  • Vous amène à livrer des éléments de votre intimité sans en donner de justification évidente (maladies induites par un choc émotionnel, etc.)
  • Vous amène à réaliser des changements importants dans votre prise en charge médicale (régimes drastiques, compléments, etc.), sans concertation avec votre médecin traitant.

Le risque est dans la zone orange. Il est alors conseillé de :
• Ne plus prévoir de rendez-vous avant d’avoir demandé conseil auprès des professionnels de santé chargés de votre suivi médical,
• Conserver des preuves : documents, dépliants, messages ou captures d’écrans, photos (médicaments, traces sur la peau, …),
• Demander de l’aide auprès des associations d’aide aux victimes.

 

Si le praticien consulté :

  • Vous assure qu’il est le seul à pouvoir vous soigner ou soigner vos proches.
  • Demande d’arrêter les traitements et soins prodigués par votre médecin ou votre professionnel de santé.
  • A recours à un discours culpabilisant envers vous ou envers votre entourage quant à l’origine de vos problèmes de santé ou l’échec des traitements.
  • Incite à rompre avec votre entourage ou avec votre professionnel de santé en charge de votre suivi médical, sous prétexte de favoriser votre guérison.
  • Promet une guérison miracle grâce à sa pratique.
  • Prodigue des actes physiques invasifs (piqûres, ingestion de produits, etc.) en dehors de tout cadre médical justifié.
  • Prodigue des actes à caractère sexuel (ex : touché vaginal ou rectal en dehors de tout cadre médical justifié) ou des relations sexuelles.

Le risque est dans la zone rouge. Il est alors conseillé de :
• Couper tout contact avec le praticien,
• Conserver des preuves : documents, dépliants, messages ou captures d’écrans, photos (médicaments, traces sur la peau, …),
• Alerter les professionnels de santé en charge de votre suivi médical,
• Demander de l’aide auprès des associations d’aide aux victimes,
• En cas d’actes invasifs ou non consentis, composez le 15,
• Déposer plainte auprès de votre commissariat de police ou gendarmerie,
• Déposer plainte auprès du Conseil (inter)départemental de l’Ordre du praticien concerné s’il existe (le conseil compétent est celui dans le ressort territorial dans lequel le praticien exerce).

 

Trouver du soutien

Plusieurs associations proposent spécifiquement de l'aide aux victimes et familles de victimes de praticiens en PNC en santé. Vous pouvez contacter notamment :

  • L’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI) - 06 80 57 26 68
  • Le Centre contre les manipulations mentales (CMM) - 06 16 10 41 93
  • France Victimes - 116 006
  • L'Association GEMPPI - 06 98 02 57 03 / 04 91 08 72 22
  • Le Centre national d’Accompagnement Familial Face à l’Emprise Sectaire - 03 20 57 26 77 / 06 45 32 60 05

Dans tous les cas, votre pharmacien, votre médecin et tous les autres professionnels de santé peuvent vous aider : n'hésitez pas à leur en parler !

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