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Le poids du travail en horaires atypiques

Le poids du travail en horaires atypiques

Par KOTO

L’Anses alerte sur les conséquences sanitaires, mais aussi sociales et familiales du travail en horaires décalés.

Entre 55 et 75% des Français sont concernés par au moins une forme de travail en horaires dits « atypiques ». Il s’agit d’horaires de travail de nuit, longs (8 heures par jour et/ou 40 heures par semaine), décalés (entre 5h et 8h du matin et entre 19h et minuit), ou durant le week-end. L’Anses avait déjà exploré en 2016 les effets sur la santé, mais aussi sur la vie sociale et familiale, du travail de nuit. Elle y ajouté cette fois-ci ces autres horaires dits atypiques, et a publié en septembre dans un rapport les résultats de ses travaux. Il en ressort qu’elle recommande de plus possible à limiter le recours régulier à ces horaires atypiques.

Des impacts certains

De fait, selon les experts de l’Anses, qui se sont appuyés sur les données de la littérature scientifique, ces dernières montrent, dans le cas de travail en horaires longs, des effets sur la survenue de maladies cardiovasculaires, sur l’anxiété et la qualité du sommeil, mais également sur la santé reproductive et métabolique, le risque de dépression. Des conséquences négatives sur l’équilibre entre vie professionnelle et socio-familiale, et sur les accidents du travail sont aussi répertoriées. Dans le cas du travail le week-end, là aussi les études démontrent nettement des effets néfastes sur l’articulation entre vies professionnelle et personnelle
En revanche, les effets sur la santé mentale (tels la dépression, l’anxiété) ou sur la santé physique (comme les troubles du sommeil, douleurs, troubles musculosquelettiques, accidents ou la fatigue) sont des impacts négatifs uniquement suggérés à l’heure actuelle, et non démontrés. De même, s’agissant du travail en horaires décalés, les experts de l’Anses établissent que leurs conséquences nocives pour la vie socio-familiale (le travail en soirée en particulier), pour la durée et la qualité du sommeil (postes du matin) ou pour la santé mentale et cardiovasculaire sont pour l’instant seulement suggérés par les études scientifiques.

Agir comme pour le travail de nuit

L’Anses en conclut toutefois la nécessité de limiter le recours régulier à ces formes atypiques de travail, et si elles ne peuvent être évitées, l’importance de mieux les encadrer, à l’instar de ce qui existe déjà pour le travail de nuit. Cela passe par exemple par la mise en place d’un suivi médical adapté, ou par l’application, pour les femmes enceintes, de dispositions spécifiques. L’instance sanitaire préconise également la mise en place de compensations non pécuniaires telles qu’un temps de repos supplémentaire, un temps de travail réduit sans pour autant que le salaire ne s’en trouve diminué, une aide aux transports ou à la garde d’enfants.
Surtout, elle demande que les entreprises, lorsqu’elles instaurent ces horaires décalés, ne tiennent pas uniquement compte de leurs intérêts propres, mais aient une approche plus globale qui intègre les contraintes sociales, individuelles, environnementales des travailleurs. Il s’agit par exemple d’intégrer aussi bien l’accès aux moyens de transport pour se rendre sur le lieu de travail, que le mode de garde des enfants, les vagues de chaleur et autres aléas climatiques, la surconsommation d’énergie, ou encore les surcoûts supportés par la collectivité.

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