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Médicaments et chaleur : pas toujours compatibles

Médicaments et chaleur : pas toujours compat
Certains médicaments peuvent aggraver les risques des fortes chaleurs sur la santé, alerte l’ANSM.

Alors que les trois-quarts de la France sont passés en vigilance rouge du fait d’une canicule inédite, l’Agence nationale du médicament a rappelé le 22 juin dans une information publiée sur son site, qu’une vigilance s’impose concernant certains traitements. En effet, les patients n’ont pas forcément en tête que les températures élevées peuvent avoir un impact sur leurs médicaments.

De l’insolation à l’urgence vitale

Lors d’une exposition à de fortes chaleur, le corps met tout en œuvre pour s’adapter et maintenir une température corporelle à 37 degrés, un mécanisme appelé thermorégulation. Cela passe par une dilatation des vaisseaux sanguins à la surface de la peau notamment pour favoriser une transpiration plus efficace. De son côté, le cerveau déclenche une sensation de soif qui nous pousse à boire de l’eau. Ce système de thermorégulation peut être débordé ou défaillant chez des personnes surexposées et/ou vulnérables. Cela a pour conséquence que le corps se fatigue, sa température augmente, il se déshydrate car il perd trop d’eau et de sels minéraux.
Deux sortes de complications peuvent alors apparaître : soit un syndrome d’épuisement-déshydratation, également appelé insolation qui se manifeste par maux de tête, nausées et vomissements, vertiges, perte de connaissance, faiblesse musculaire accompagnées de crampes, baisse de la tension artérielle, accélération du rythme du cœur et/ou difficultés respiratoires ; soit un coup de chaleur qui associe une brutale augmentation de la température du corps (plus de 40°C) à des troubles neurologiques graves tels que délire, hallucinations, convulsions et coma.
La première de ces complications survient en quelques jours, la seconde apparait en quelques heures, et doit être prise en charge en urgence. En attendant les secours, la personne doit se reposer au frais, se réhydrater et s’humidifier la peau.

Des effets sur l’hydratation et la régulation

Aussi faut-il avoir à l’esprit que les diurétiques, les laxatifs, certains antidiabétiques oraux, certains antiépileptiques, ou certains médicaments utilisés pour traiter une maladie de l’œil comme le glaucome peuvent perturber l’hydratation et l’équilibre des sels minéraux de l’organisme.
D’autres traitements, tels les anti-inflammatoires, l’aspirine, certains antihypertenseurs, antidiabétiques, antibiotiques et antiviraux, peuvent troubler le bon fonctionnement des reins. Enfin, la régulation de la température du corps peut être affectée par la prise de certains neuroleptiques (par exemple ceux destinés au traitement de la maladie de Parkinson ou de certaines psychoses), de lithium (traitement contre la bipolarité), de certains antidépresseurs, antimigraineux, médicaments contre l’anxiété ou antidouleurs puissants comme les opiacés. Ils peuvent également favoriser les chutes de tension ou entraîner une somnolence avec le risque d’oublier de boire suffisamment.
Par ailleurs il faut savoir que les vasoconstricteurs limitent la dilatation des vaisseaux de la peau, et que les somnifères, les anxiolytiques, et l’usage de substances illicites diminuent la vigilance et la capacité à adapter son comportement pour lutter contre la chaleur.

Un impact sur l’efficacité

La chaleur peut également altérer l’efficacité de certains médicaments : la déshydratation peut modifier leur élimination du corps, et la transpiration peut impacter l’effet des médicaments sous forme de patchs. Certains dispositifs médicaux comme les bandelettes de glycémie voient également leur efficacité diminuer sous l’effet de la chaleur. En outre, qui dit fortes chaleurs dit aussi fort ensoleillement. Or certaines thérapies ont un effet photosensibilisant : il s’agit d’une réaction de la peau aux rayons solaires, parfois grave, sous forme de rougeurs, brûlures, éruptions si les patients s’exposent au soleil, même peu de temps. Ces manifestations peuvent apparaître à l’endroit où a été appliqué le médicament, mais peuvent également concerner tout le corps lorsque la thérapie est prise par voie générale. Sont particulièrement concernés par cet effet certains traitements contre l’acné, l’inflammation, les infections, l’allergie, l’excès de cholestérol, etc.

Bons réflexes

En cas d’insolation ou de coup de chaleur, l’ANSM rappelle qu’il est fortement déconseillé de prendre par soi-même du paracétamol, qui sera inefficace et pourra aggraver l’atteinte du foie souvent présente dans ce cas. Le conseil est identique s’agissant de l’aspirine ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène, qui augmentent le risque de déshydratation.
La règle reste de vérifier avec son pharmacien ou avec tout autre professionnel de santé si un traitement demande une surveillance particulière ou une modification de dosage en cas de forte chaleur. Il ne faut en effet jamais arrêter un traitement de son propre chef, sans avis médical. Les malades trouveront aussi des informations dans la notice de leurs traitements. S’agissant des affections passagères et sans gravité comme un rhume, une toux, une allergie ou une douleur, il vaut mieux éviter de prendre des médicaments de sa propre initiative.

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