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Médicaments : je t’aime, moi non plus

Médicaments : je t’aime, moi non plus

par WisChi

Deux ouvrages et un podcast explorent l’histoire des médicaments, que ce soit leurs réussites et leurs écueils par leur passé, ou leurs perspectives d’avenir.

Les Français sont au nombre des plus gros consommateurs de médicaments au monde. Pour autant, ces derniers restent souvent décriés. Mieux connaître les avancées qu’ils ont permises dans le traitement de certaines pathologies est l’occasion de dépasser ce rapport ambivalent que nous entretenons avec eux.

Entre amour et détestation 

Les stratégies de soins accompagnent l’humanité depuis ses origines. C’est cette longue histoire des médicaments que cet ouvrage retrace, ainsi que le rapport ambivalent que nous entretenons avec eux. Consommés sans arrière-pensée au moment de l’après-guerre, leur image a, depuis, pâti des scandales sanitaires de la thalidomide (un anti-nauséeux prescrit aux femmes enceinte dans les années 1950-60, mais responsable de graves malformations foetales), du Distilbène (un médicament donné dans les années 1950 pour prévenir les fausses couches, à l’origine de cancers, infertilité, ou malformations chez les enfants exposés in utero mais aussi chez leur descendance), ou encore du Mediator (commercialisé de 1976 à 2009 pour le diabète de type 2 et les patients en surpoids, mais qui provoque de graves lésions cardiovasculaires). Toutefois ces problématiques ont, dans le même temps, permis de faire émerger la pharmacovigilance. Et après des années de surprescription, l’heure est désormais à la décroissance. Pour ce faire, l’auteur, chercheur en pharmacologie et psychopharmacologue, invite avant tout à réintroduire de l’écoute et du temps dans l’acte de soin, devenu selon lui « purement raisonné ». Il revient également sur la délicate mise en place des médicaments génériques, qui a illustré, à certains égards, la difficulté qu’ont les médecins et les pharmaciens à communiquer avec leurs patients. Allant jusqu’à provoquer dans le cas du Levothyrox (médicament prescrit lorsque la sécrétion, par la thyroïde, de la thyroxine, une hormone naturelle, est dérégulée) par exemple, un effet nocebo (lorsque la prise d’un médicament crée un effet psychologique chez le patient, lui faisant ressentir des effets indésirables non identifiés pharmacologiquement). Aujourd’hui, face à la tentation croissante d’utiliser les médicaments pour améliorer les capacités cognitives, le défi et la question de leur juste place se pose avec d’autant plus d’acuité. 

"Pharmacofolie", d'Hervé Javelot, Humensciences, 288 p., 22 €.

 

La petite histoire dans la grande 

Redécouvrir comment sont nés les médicaments ayant eu un retentissement important sur la santé publique, voici la proposition de ce livre sympathique qui couvre l’histoire des molécules de l’Antiquité à nos jours. L’occasion de rappeler que leur développement « n’est pas seulement une affaire de chiffres – millions de morts, millions de doses, millions de milliards de dollars ou d’euros –, mais aussi une affaire de femmes et d’hommes », à laquelle les pharmaciens ont largement pris part.

"La petite histoire des grands médicaments. Comment la recherche a changé nos vies", Marie-Morgane Le Moël, Autrement, « coll. Essais », 222 p., 17 €. 

 

Partir de l’existant

Dans le podcast de France Culture La science, CQFD, l’épisode Repositionnement des médicaments, ravalez la pilule, donne la parole à deux experts, l’un pharmacologue et l’autre chimiste, pour expliquer une nouvelle stratégie d’élaboration des médicaments. Elle consiste à évaluer si le principe actif d’un médicament initialement conçu pour un traitement précis pourrait être efficace aussi pour traiter une autre maladie. Le podcast détaille les freins et contraintes de cette pratique, et donne des exemples de pathologies pour lesquelles cette technique a d’ores et déjà été pertinente.

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