Ces derniers jours, plus d’un million et demi de Françaises ont reçu un courrier nominatif de l’Agence du médicament (ANSM), les informant du risque, très faible, de méningiome associé à la prise d’un certain type de contraceptifs. Ce sont plus précisément les patientes prenant ou ayant pris une contraception à base de désogestrel, qu’elle soit sous forme de pilule, d’implant ou d’anneau vaginal, qui sont concernées par cette missive. Les spécialités concernées sont :
- Les pilules à base de désogestrel 75μg seul : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette, et autres génériques des laboratoires Biogaran, Cristers et Sandoz
- Les pilules combinées associant désogestrel 150 μg et éthinylestradiol : Desobel, Mercilon, Varnoline et Varnoline continu, et autres génériques des laboratoires Biogaran, EG labo, Viatris
- L’implant contraceptif sous-cutané : Nexplanon
- L’anneau vaginal à base de désogestrel et d’éthinylestradiol : Nuvaring, Etoring et générique du laboratoire Viatris.
Une grosseur problématique
Le méningiome est une grosseur (le terme médical est « tumeur » même s’il prête à confusion car on parle le plus souvent de tumeur dans le cas d’un cancer, ce qui n’est pas le cas ici) qui se développe à partir des enveloppes autour du cerveau appelée les méninges, explique l’ANSM. Les méningiomes grossissent lentement, mais selon leur taille et leur localisation, ils peuvent provoquer des symptômes en exerçant une pression sur des zones du cerveau ou des nerfs. Les symptômes peuvent inclure : des troubles de la vision, une perte auditive ou des acouphènes, une perte de l’odorat, des maux de tête, des pertes de mémoire, des crises d’épilepsie et une faiblesse dans les bras ou les jambes. Si un méningiome provoque des troubles graves, il peut nécessiter une intervention chirurgicale lourde et à risque. Cela a été détecté en analysant des données en pharmacovigilance.
Augmentation du risque
L’étude Epi-Phare a mis en évidence une très faible augmentation du risque de développer cette tumeur chez les femmes utilisant du désogestrel pendant au moins un an. Ce risque augmente davantage chez les femmes de plus de 45 ans ou chez celles prenant le médicament depuis plus de 5 ans (il est alors multiplié par 1,7). Il est plus élevé si la patiente a déjà pris auparavant certains autres progestatifs connus pour augmenter le risque de méningiome comme Androcur, Lutényl/Lutéran, Colprone ou DepoProvera ou leurs génériques. Il est important de noter également qu’il disparaît un an après l’arrêt du traitement.
Depuis le mois de juillet, l’existence de ce risque est mentionnée dans la notice des médicaments visés. L’ANSM précise également que la très grande majorité des femmes qui prennent du désogestrel ne développeront pas de tumeur. L’Agence du médicament communique à ce propos pour que toutes les patientes concernées par la prise de cette molécule soient informées.
Pas d’urgence
Pas d’affolement, donc, pour les patientes qui recevront le courrier : il n’est pas nécessaire de prendre un rendez-vous médical en urgence. L’ANSM conseille « d’en parler lors d’une prochaine consultation de routine » puisque la contraception doit être réévaluée tous les ans « avec le médecin ou la sage-femme, en prenant en compte les besoins et l’état de santé de santé de chaque femme ». En effet, l’arrêt, la poursuite ou la modification de la contraception doit faire l’objet d’une discussion avec un professionnel de santé afin qu’elle soit la plus adaptée possible. En attendant, pour obtenir plus d’informations, les femmes concernées peuvent bien évidement se tourner vers leur pharmacien ou vers l’ANSM qui met à disposition un point de contact via son guichet usager sur son site internet.
Ne rien changer subitement
Les symptômes pouvant évoquer un méningiome sont des maux de tête persistants, des troubles de la vision, du langage ou de l’équilibre, une faiblesse musculaire, des troubles de la mémoire, ou l’apparition ou l’aggravation d’une épilepsie. L’apparition de ces signes nécessiterait bien sûr de consulter un médecin pour qu’ils puissent être pris en charge et que leur origine soit mise en évidence, cela pouvant donc être lié à la prise de désogestrel. « Pour la plupart des femmes, recevoir ce courrier ne nécessitera pas de prendre de mesure particulière » souligne l’ANSM.