Dans un rapport publié début septembre, la Cour des Comptes déplore que les carnets de vaccination électronique (CVE) des Français ne soient pas assez utilisés. Si elle en recommande l’usage et appelle à sa généralisation d’ici 2028, la Cour des comptes estime qu’il n’en est encore « qu’à ses balbutiements ». Les magistrats financiers se sont penchés sur la politique de vaccination en France depuis 2018 et ont cherché à mesurer la couverture vaccinale de nos concitoyens. Mais ils n’ont pu l’estimer que de façon approximative, à partir d’hypothèses, en raison d’un manque insuffisant de données du CVE. Dans les faits, nombreuses sont les personnes à ignorer leur statut vaccinal, et la nécessité ou non de faire des rappels. La connaissance de la situation vaccinale, aussi bien individuelle que collective, est donc insuffisante, regrette la Cour des Comptes, ce qui, en cas d’épidémie, constitue « un élément de fragilité » pour la protection de la population.
Les pharmaciens bons élèves
Le carnet de vaccination électronique est directement intégré dans le Dossier Médical Partagé (DMP), lui-même inclus depuis 2022 au sein de la plateforme « Mon espace santé ». Les patients peuvent s’y connecter, et les professionnels de santé le compléter. Néanmoins, aujourd’hui, ce sont majoritairement les pharmaciens d’officine qui le font, parce que leurs logiciels métier ont été adaptés, ce qui n’est pas le cas des médecins, infirmiers et sage-femmes. Par ailleurs, seuls 35% des Français ont activé l’application « Mon espace santé », et parmi eux, seulement 11% contiennent des données de vaccination. Les magistrats financiers constatent en effet que l’historique des vaccinations est « essentiellement réalisé, encore aujourd’hui sur un support papier ou au travers de solutions numériques privées », comme mesvaccins.net. Aussi la Cour demande-t-elle que « l’ensemble des vaccinateurs » inscrivent les vaccins administrés dans « Mon Espace Santé » d’ici 2028, mais aussi que les assurés, qui peuvent ajouter manuellement leurs vaccinations, s’attellent également à effectuer un rattrapage de leur historique.